Le président de la République du Ghana, Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, a reçu mercredi 29 septembre 2021 une délégation de trois membres de la junte militaire guinéenne, le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), a indiqué la présidence ghanéenne dans un communiqué.

La délégation, conduite par le colonel Sadiba Koulibaly, deuxième personnalité du CNRD, était au siège de la présidence ghanéenne pour informer le président Akufo-Addo, président en exercice de la CEDEAO, de la feuille de route qui a été mise en place pour assurer une transition en douceur et un retour à un régime démocratique et constitutionnel en Guinée.

Dans son allocution, le colonel Sadiba Koulibaly a déclaré au président que dix (10) jours de consultations avec les principaux acteurs en Guinée avaient abouti à la rédaction et à l’adoption d’une nouvelle Charte de transition, qui renforce la détermination des dirigeants militaires à rendre le pays aux civils.

Selon lui, la Charte a souligné, en particulier, que les membres de la transition ne pourront se présenter aux élections présidentielles et législatives, ajoutant qu’un Premier ministre civil dirigerait le gouvernement de transition.

Le colonel Koulibaly a également noté que le CNRD comprend et accepte les décisions prises et les sanctions imposées à la Guinée par la CEDEAO. Il a toutefois appelé la CEDEAO à tenir compte des circonstances particulières qui ont conduit aux événements du 5 septembre 2021.

Concernant le déroulement des élections présidentielles et législatives, dans le délai de six (6) mois prévu par la CEDEAO pour le retour à un régime démocratique, la délégation a demandé à l’institution de reconsidérer sa décision, la Guinée n’ayant pas la capacité de le faire dans le délai indiqué.

Il a expliqué que les dirigeants militaires avaient pris la décision de procéder à un recensement à l’échelle du pays, de restructurer le code électoral et d’établir un nouvel organe électoral afin de pouvoir organiser des élections libres et équitables.

Pour sa part, le Président Akufo-Addo a réaffirmé la condamnation sans réserve par la CEDEAO du coup d’État, car il était en violation du Protocole de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance, qui exige que le pouvoir politique soit acquis par le scrutin et non par la balle.

Prenant connaissance de la Charte de transition nouvellement adoptée, le Président de la CEDEAO a laissé entendre qu’il s’agissait d’un pas dans la bonne direction, et a été encouragé par la décision du CNRD d’informer régulièrement la Conférence des Chefs d’Etat de la CEDEAO sur l’évolution du processus de transition.

Le président Akufo-Addo est resté sans équivoque sur le calendrier de la tenue des élections, affirmant que six (6) mois suffisent pour un tel exercice.

Il a assuré les dirigeants guinéens de l’engagement de la CEDEAO à contribuer à la refonte du processus électoral, en fournissant un appui technique à la Guinée.

Le président Akufo-Addo a souligné la nécessité pour les dirigeants militaires guinéens de tenir compte des décisions de l’institution, car tout le poids de la communauté internationale soutient fermement toute décision prise par la CEDEAO.

Sur l’affaire controversée de l’arrestation du président Alpha Condé, le président de la CEDEAO a exprimé son inquiétude quant à son maintien en détention, sa sécurité physique et son incapacité à exprimer ses droits humains fondamentaux.

A cet effet, le Président Akufo-Addo a réitéré la demande de la CEDEAO pour la libération immédiate et inconditionnelle du Président Alpha Condé.

Le colonel Koulibaly a rassuré le président Akufo-Addo que le président Condé était en bonne santé et qu’il était correctement pris en charge, ajoutant que le président Condé avait toujours accès à son médecin personnel et à son cuisinier.

Avec la présidence ghanéenne