En séjour en N’zérékoré dans un cadre purement social, le président du parti Union pour la Démocratie et le Développement (UDD) s’est prononcé sur l’actualité sociopolitique du pays notamment les manifestations du FNDC qui enregistrent des violences et des cas de morts.

Dans un entretien accordé à notre rédaction et s’exprimant sur la situation actuelle du pays, Bah Oury a regretté « voir le pays basculer dans la violence par la volonté d’un groupe à confisquer le pouvoir. »

À Conakry, tout comme dans certaines villes de l’intérieur du pays, les manifestations du front opposé au changement constitutionnel sont réprimés par les forces de sécurité. Si certains comme l’artiste Djani Alpha ou encore l’écrivain Thierno Monénembo parlent de répression sélective contre une communauté, Bah Oury quant à lui pense qu’il faut faire attention pour ne pas tomber dans le piège.

« Pour moi, à partir du moment où nous sommes des républicains, nous cherchons à promouvoir la citoyenneté pour tout le monde. Des personnes faussées du fait des répressions, quel que soit l’endroit où ils peuvent se trouver, se sont des citoyens guinéens qui sont abattus, ce sont des enfants de la Guinée qui sont abattus. Nous appartenons à une communauté nationale, à une communauté de citoyens comme certains pourraient le dire. Rentrer dans des catégorisations ne ferait que renforcer la logique de ceux qui utilisent cette attitude parce qu’en allant dans ce sens, on leur donne l’argumentation qui justifie le pourquoi ils sévissent de manière sélective pour diviser la population guinéenne. Donc, si l’on se met dans cette posture, ça veut dire que ceux qui tuent on obtenue raison. Parce que même les autres, au lieu de se révolter contre cette volonté de diviser la population guinéenne en accentuant une répression sur une catégorie de la population de manière particulière, ont leur donne raison », a-t-il déclaré.

Pour l’ancien vice-président de l’UFDG, il y a eu des répressions un peu partout en Guinée notamment dans la région forestière. Il citera par exemple, les cas de Gallakpaye, de Zogota ou encore de Womey. M. Bah rappelle également que la première victime des protestations contre le changement de la constitution (Moussa Condé Ndlr) est tombée à N’zérékoré. Il pense donc que la meilleure attitude qui soit responsable, « c’est de refuser d’être divisé, c’est de refuser d’être particularisé, c’est de refuser cette stigmatisation. Parce qu’en acceptant soi-même cette stigmatisation, on donne raison à ceux qui utilisent ces méthodes barbares, car cela voudrait dire par ce biais, qu’ils ont atteint leur cible. Il faut refuser cela. »

Et de conclure : « Ce sont des citoyens guinéens qui sont tombés, ce sont des jeunes et des femmes de la Guinée qui sont abattus, ce sont des enfants de la Guinée qui sont morts et les responsables, ce sont les autorités qui sont en position de responsabilité parce que ce sont elles qui ont l’obligation de veiller sur la sécurité de tous. »

Konaté