Mesdames et Messieurs, en vos titres et qualités.

« Les conditions de transparence et de crédibilité ne devraient pas être des exigences des candidats à une élection, mais plutôt un fondement à la démocratie » me répondait un ami sur une plateforme de discussions  » L’oeil sur la Guinée « . Mais en Droit tout comme cela peut être admis logiquement, c’est parce que les lois existent que les Hommes les transgressent. C’est autant dire qu’aucune loi ne se fait respecter d’elle-même, par principe. C’est pourquoi les candidats ont tout intérêt de s’assurer sur le respect des règles de leur compétition aux enjeux aussi importants que promettent les élections présidentielles. Cela y va de leur propre crédibilité devant leurs électeurs. Avais-je répondu.

Mesdames et Messieurs

Il aurait donc fallu exiger les préalables d’un scrutin transparent et équitable avant d’aller jusqu’au bout ou tout simplement désister quand il aurait été impossible d’obtenir pour ces exigences, gain de cause. Ce qui fait constater que toute participation à défaut à ces élections, en toute connaissance de cause est une faute devant l’histoire et surtout un manque de respect à l’endroit de tous ceux qui se battent depuis bien longtemps, de façon républicaine, sans considération des appartenances ethnique, politique, régionale ou religieuse, courageusement, pour cette alternance et qui, malgré la douleur des épreuves et l’adversité sont restés cohérents dans leur démarche et prompts au combat pour notre démocratie aussi « jeune et inquiétante ».

L’incohérence dans la lutte politique, c’est de vouloir saisir à tous les prix toutes les occasions quand on n’est pas suffisamment préparé. L’histoire nous enseigne à plus de préparations, de réflexions. De cette incohérence caractérisée par le manque de visions et d’engagements fermes, toute participation de l’Opposition politique ou du moins de ces quelques partis politiques, au demeurant inconséquents n’a de sens que d’avoir légitimé et légalisé tout ce processus depuis le Référendum constitutionnel. Par voie de conséquence, le seul mérite de cette participation est d’avoir réussi l’échec ! VOUS N’AVEZ DONC PLUS DROIT À LA PAROLE ! Non ! Pas pour exiger l’alternance ! Vous n’y êtes plus fondé dans le principe, ni légitimement ni légalement.

La Cour constitutionnelle ayant rendu son Arrêt, LES ÉLECTIONS SONT TERMINÉES !

Tout discours, toute démarche visant à créer un regain de violence et un climat de désordre institutionnel doit être écarté et toute personne qui s’en rendrait coupable devrait répondre devant la rigueur de la loi. Cela est valable pour l’opposition comme pour la mouvance présidentielle.

Tout cela étant dit, une question mérite bien d’être posée au vue des observations objectives ( griefs dans les requêtes des partis politiques devant la Cour constitutionnelle, la réserve de l’Union européenne bien qu’elle celle-ci ne soit plus, apparemment d’actualité, due à son silence depuis, la crise de confiance en la position mitigée de la CEDEAO, le climat de tensions des campagnes, ces discours et slogans peu flatteurs, à connotation ethnique ou régionale, des bavures policières avec morts d’hommes répétées…) : Le scrutin a t-il vraiment été doté de moyens et assurances nécessaires pour le rendre transparent et crédible ? Si non , pourquoi ça n’a pas été le cas ? En cela et seulement L’Etat doit, pour une large part endosser cette responsabilité, en laissant un climat de méfiance et de suspicion entachées tout le processus électoral. Il en est de son devoir de restaurer la Confiance aux institutions chargées de conduire les élections ( la CENI, la Cour constitutionnelle et à tous les partenaires au processus électoral ).

Aujourd’hui et comme toujours, l’heure est à la cohérence. On ne peut pas reprocher à l’autre ce qui nous sied déjà… C’est de l’oxymore politique !

La parole est désormais réservée aux politiques qui sont restés constants et cohérents dans leur lutte contre le 3ème mandat, en ayant refusé de cautionner par leur simple participation à ces élections, tout ce dont ils ont condamné ( changement de la Constitution, 3ème mandat etc.) et au F.N.D.C ( Front National pour la Défense de la Constitution ) qui est resté jusque-là, contre vents et marrées, sur sa ligne droite. Une autre lettre leur sera adressée probablement. Mais pour dire vrai, la parole revient toujours au peuple de Guinée, de façon intemporelle et c’est à lui seul de décider de son destin en assumant les conséquences de ses choix.
C’est celà la dure vérité !

Recevez mes sentiments distingués.

Ali CAMARA , juriste.