𝐈𝐧𝐝𝐢𝐬𝐩𝐞𝐧𝐬𝐚𝐛𝐥𝐞, à cause de sa position stratégique pour la France dans la matérialisation de sa françafrique, car pour cette dernière le Tchad est à la jonction du monde Arabo-africain et l’Afrique subsaharienne. Au regard de cet état de fait, le Tchad devient pour la France de facto sa porte d’entrée pour maintenir sa politique extérieure planifiée et opérée en Afrique depuis la colonisation, d’où cet intérêt particulier de la France en protégeant son pré carré qui est le Tchad.
À rappeler de passage que tous ou presque les coups d’Etat qu’a connus le Tchad ont été soutenus de près ou de loin par l’ancienne puissance protectrice dans le seul but de protéger ses intérêts.
Cette position géostratégique du Tchad sur le continent africain fait marcher la géopolitique appliquée de la France pour le contrôle de ses pré-carrés.
Voilà pourquoi le Tchad est indispensable non pas pour l’Afrique mais pour la France.

𝐍𝐞𝐜𝐞𝐬𝐬𝐢𝐭𝐞𝐮𝐱, c’est la suite logique de la mafia instaurée par l’Élysée, créer la terreur, l’instabilité politique, l’insécurité, la rébellion dans le Tchad. Une situation inquiétante qui pousse forcément les nouvelles autorités à accepter ce jeu « gagnant-gagnant » pour pouvoir se maintenir au pouvoir par l’appui militaire et sécuritaire de la France. Ce qui est déjà scellé, car quant à la France, elle a réagi contre les rebelles depuis le jeudi dernier; une action qui a porté fruits parce que le FACT a été repoussé hors des frontières tchadiennes.
Voilà pourquoi le Tchad est nécessiteux, la junte militaire a besoin d’assoir son pouvoir et d’assurer la sécurité des tchadiens, pour cela il leur faut la France, qui vient de dire haut et fort à travers son président Emmanuel Macron, qu’elle ne laissera personne menacer la sécurité intérieure du Tchad.

En un mot comme en mille, c’est le jeu d’intérêt qui est là. Le Tchad, indispensable ou incontournable pour la défense des intérêts français sur le vieux continent et nécessiteux pour la stabilité du pouvoir en place et la sécurité des tchadiens. Mais, dans tout ça, c’est la France qui gagne, car c’est elle fait qui elle veut et défait quand et comment. Les coups d’état en répétition en disent long.

Ibrahima Kallo, juriste et spécialiste des relations internationales