Des travailleurs de la Société Guinéenne de Palmiers à huile et d’Hévéas ( SOGUIPAH) n’approuvent pas la volonté de la direction générale de réduire le personnel. Pour eux, cette démarche n’est nullement une solution de sortie de crise. Ils pensent plutôt qu’il faut une gestion rationnelle des fonds. Car, selon eux, cette crise que traverse la société à été enfoncée par la malversation financière du directeur général actuel, Michel Beimy.

Pour sortir la SOGUIPAH de la crise qu’elle traverse depuis plusieurs années, la direction générale envisage de réduire le nombre de travailleurs et des charges. C’est le directeur général qui l’a annoncé récemment lors d’une rencontre avec les employés. Selon la direction, cette mesure est une recommandation du gouvernement à travers le ministère de l’agriculture.

« C’est une recommandation du ministère de l’agriculture dont relève la SOGUIPAH. Après l’analyse de la situation, l’on a compris qu’il y a des charges inutiles que la société supporte depuis des années qui continuent de l’enfoncer dans la crise. Et par conséquent, il faut drastiquement réduire ces charges. Parmi ces charges justement, il y a des services qui n’ont pas de pertinence à l’heure actuelle. Ensuite, il faut réduire le personnel », nous a expliqué Sâa Édouard Tinguiano de la cellule de communication de la SOGUIPAH.

A la question de savoir, si la réduction de l’effectif était la solution absolue à cette crise, la réponse de notre interlocuteur est dubitative.

« Je ne dirai pas que c’est la solution d’office, mais ça fait partie de la stratégie. Du moins, c’est ce que demande le ministère de l’agriculture », a-t-il répondu.

Cependant, les travailleurs estiment que le problème de la SOGUIPAH n’est pas un problème d’effectif mais plutôt de gestion. Car, selon eux, des mesures prises à l’arrivée du directeur général actuel avaient permis d’accroître le rendement de la société. Mais ces fonds auraient été utilisés par le directeur pour battre campagne pour le RPG arc-en-ciel lors des élections passées.

« Quand Michel Bemy arrivait, la société était enfoncée dans la crise. Il a rencontré les chef de services, les directeurs de département pour réfléchir à une proposition de sortie de crise. Des séminaires ont été organisés et ont permis de faire un document. Dans ce document, il était demandé de réduire certains avantages des travailleurs, notamment les dotations en carburant. Ce qui fût acceptée par les employés sans problème. Parce que tout le monde voulait que cette crise finisse. Et les montants recouvrés dans ce cadre s’élevaient à environ 1 milliard 700 millions de francs guinéens », nous a confié l’un des porte-paroles des employés qui a requis l’anonymat.

Et d’ajouter : « Cette somme a été utilisée pour entretenir les plantations. Ce qui a permis d’augmenter considérablement la productivité. Le directeur de gestion avait même convoqué une rencontre pour remercier le personnel. Et il avait reconnu que l’argent était suffisament rentré. Mais, on est resté dans ça, les élections sont arrivées, et on a appris que notre directeur est le parrain du RPG arc-en-ciel en région forestière. C’est dans ça que tout l’argent a été dilapidé. Il pouvait venir faire trois mois à N’zérékoré sans même venir sur le site de la société à Diécké. »

Des travailleurs reprochent aussi au directeur général d’avoir recruté « clandestinement » 1800 jeunes pendant que les autres travailleurs renonçaient à leurs privilèges pour le bien de la société.

« Quand il nous a demandés de renoncer à certains de nos privilèges, on a accepté. Mais quand l’argent a commencé à rentrer, on ne voyait rien et rien ne changeait dans le traitement. On est resté dans ça, ils sont venus recruter plus de 1800 travailleurs entre juin et juillet 2021. C’est ainsi que les gens on commencé à dire qu’il n’y a plus de crise et les grèves ont commencé », a-t-il ajouté.

Interrogé sur ce point, Sâa Édouard Tinguiano de la cellule de communication de la société précise qu’il ne s’agissait pas d’un recrutement massif mais plutôt du rétablissement de certaines personnes dans leurs droits. « En réalité, ce n’était pas un recrutement massif, mais ce sont des éléments qui ont été rétablis dans leurs droits. Ce sont des gens qui avaient travaillé pour la société pendant des années sans contrats, soit en qualité de prestataires, de contractuels ou d’ouvriers. Il y en a qui avaient fait plus de 10 ans », a-t-il justifié.

Pendant ce temps, des travailleurs craignent que cette mesure de dégraissage du personnel ne soit un moyen pour les responsables de régler des comptes. Mais pour ce responsable de la cellule de communication, il n’en sera pas le cas. Il précise d’ailleurs que cette réduction va toucher toutes les catégories d’employés sans donner de nombre précis. 

Il faut rappeler que la SOGUIPAH acompte environ 5 000 travailleurs selon Sâa Edouard Tinguiano.

Mamady 2 Camara