La coupe et le transport du bois sont interdits pendant deux mois en Guinée. Cette décision du ministère de l’environnement vise à favoriser la régénération de la végétation selon la directrice préfectorale des eaux et forêts de N’Zérékoré. Angeline Haba demande donc à la population de respecter cette mesure.

En application de l’arrêté 5019/MEEF/(CAB)du 05 septembre 2016 en son article 59 relatif au repos biologique de la forêt, le ministère de l’environnement a interdit toutes les activités de coupe et de transport du bois allant du 1er juillet au 30 septembre 2019 sur toute l’étendue du territoire national. Une décision que les autorités en charge de la protection de l’environnement de N’Zérékoré comptent appliquer à la lettre.

« Je dirais à la population de N’Zérékoré de respecter cette décision. Elle n’est pas la seule préfecture concernée. Nous faisons cela chaque année pour permettre la régénération de la forêt. On le fait souvent pendant la saison pluvieuse pour que les grains qui tombent puissent pousser et grandir », explique la directrice préfectorale des eaux et forêts.

Et d’ajouter : « Les menuisiers doivent attendre qu’il y’ait du bois dans les dépôts . Quand aux coupeurs, une décision ferme sera en application en cas de faillite ».

Chez les menuisiers, cette mesure est diversement appréciée. Pour certains, elle occasionnera la hausse du prix du bois d’oeuvre.

« Cette interdiction jouera sur nous les utilisateurs du bois. D’abord avant l’interdiction, le bois etait cher. Une planche de yoroko coûte 120 000 GNF au dépôt. De là-bas à l’atelier, ça va jusqu’à 150 000 GNF. Pratiquement nous, on ne gagne rien sur nos oeuvres. Les clients se plaignent donc rien ne va. Les autorités doivent nous aider », plaide Tamba Élie Millimouno, menuisier.

Par contre, pour Leno cette règle n’affecte en rien leurs activités. Il estime que tout le monde doit respecter la loi.

« Tout le monde connait que chaque année au même moment la décision tombe. C’est la loi, on doit la respectée. Chez nous, les clients seront traités comme avant et les prix des meubles resteront stables comme d’habitude. Rien ne changera », rassure-t-il.

Yoma Neyo Teinguiano