En conférence de presse ce jeudi 24 septembre 2020 à Dakar (Sénégal) où il séjourne dans le cadre de la mobilisation des guinéens de la diaspora, le président de l’UFDG n’a pas manqué d’exprimer ses inquiétudes pour l’élection présidentielle du 18 octobre qu’il pense d’ailleurs gagner si les choses se déroulent correctement.

« Je suis convaincu que cette élection, je vais la gagner, je peux la gagner », a-t-il déclaré face aux journalistes de l’Association de la presse étrangère au Sénégal (APES).

En s’adressant en début de semaine à ses partisans de Kankan et Siguiri par visioconférence, le président Alpha Condé a indiqué que cette élection est comme une guerre. « Si vous votez pour un candidat malinké qui n’est pas du RPG (Rassemblement du peuple de Guinée, au pouvoir, NDLR), c’est comme si vous votiez pour Cellou Dalein Diallo », a déclaré Alpha Condé.

Ce discours, Cellou Dalein y voit, une volonté d’opposer les ethnies.

« M. Alpha Condé est toujours en retard, il veut toujours dire: Les Malinkés ne votez pas pour les Peuls », a fait savoir le candidat malheureux de 2010 et 2015.

« Je n’ai jamais voulu utiliser, instrumentaliser, comme Alpha le fait, l’ethnie pour parvenir à mes objectifs », a assuré l’ancien premier ministre à Dakar. « Mais si le repli communautaire, l’ethnocentrisme, continuent d’être utilisés comme des moyens de propagande, la Guinée reculera et elle sera exposée à des violences qui peuvent déboucher un jour ou l’autre sur la guerre civile », a-t-il ajouté. 

« Je ne me présente pas en tant que Peul, je me présente en tant que Guinéen qui veut être le président de tous les Guinéens », a insisté le dirigeant de l’opposition pour qui, « il n’y aucune chance qu’Alpha soit élu, en tout cas dans les urnes. »

« Je pense que les risques d’un hold-up électoral sont moindres aujourd’hui » que lors des précédents scrutins, selon lui. « Je sens la contestation depuis trois mois dans le(s) fief(s) d’Alpha, à Kankan, à Siguiri, à Kerouané », a-t-il dit, dénonçant le « bilan catastrophique » des deux mandats du président sortant.

Avant Cellou Dalein Diallo, c’est l’artiste reggae-man Takana Zion qui vit actuellement en exil à cause de son opposition au troisième mandat qui a attiré l’attention de l’opinion nationale et internationale sur les risques de violences en Guinée. Selon lui, le projet de troisième mandat du président Condé porte en lui, les germes d’une « guerre civile ».

Kibaro224 avec AFP