Il faut tout de même rappeler que ce sont les syndicalistes qui se sont battus pour la création de ces deux institutions. À savoir : l’INAMO (institut national d’assurance-maladie obligatoire) et la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale des Agents de l’Etat (CNPSAE).

Depuis le temps du régime du Général Lansana Conté, les syndicalistes se sont battus pour cette initiative. Sauf à l’avènement de la Troisième République que le Président Alpha Condé a accepté que ces institutions soient créées. Ces institutions doivent fonctionner à la base des cotisations sociales des travailleurs.

En 2014, lorsque ces deux institutions ont été créées par le décret D/2014/063/PRG/SGG du 31 mars 2014, l’Etat avait prélevé 5 %, mais à l’époque, les syndicats avaient protesté sous prétexte que les travailleurs n’étaient pas informés. C’est ainsi que l’opération a été stoppée. Depuis les temps, c’est l’Etat qui prend en charge la pension en république de Guinée contrairement aux autres pays où les travailleurs paient régulièrement leurs cotisations pour mieux se prendre en charge et préparer leur retraite. C’est pourquoi, cette année, l’Etat a demandé que les travailleurs cotisent à hauteur de 5 % qui seront prélevés sur leurs salaires.

Mais avant l’application de cette mesure, des missions de sensibilisation composées de deux structures (l’INAMO et la CNPSAE), et du syndicat avaient été envoyées à l’intérieur du pays. Cette équipe mixte a sillonné tous les chefs-lieux du pays pour sensibiliser, expliquer aux travailleurs les avantages des cotisations. À l’issue de cette sensibilisation, les fonctionnaires ont adhéré massivement à l’initiative. Tous ceux qui ont été rencontrés dans ce cadre, ont accepté.

Seul le syndicat et quelques travailleurs mal informés sont retissant à cette action qui vise le bien-être des travailleurs et des retraités. Il s’agit d’une cotisation, dans l’intérêt des travailleurs. Parce qu’en cas de maladie, c’est une prise en charge du travailleur et de sa famille. Et je pense que c’est une cause qui mérite d’être défendue par tout syndicat. D’ailleurs, les centrales Syndicales ont toujours voulu restaurer la prise en charge des fonctionnaires et des retraités en Guinée.

D’ailleurs, la loi L 0027 du 07 juin 2019 portant Statut Général des Agents de l’Etat en son article 63,  » le paiement des cotisations sociales pour la pension de retraite et la protection sociale est obligatoire pour les fonctionnaires et l’Etat employeur ». Mais aussi l’article 20 qui dispose : « les agents de l’Etat bénéficient d’une protection sociale en matière de risques professionnels, de prestations familiales, de soins de santé et de pension de retraite ». Cette, cotisation est répartie comme suie : 18 % payés par l’Etat (employeur) et 5 % prélevés sur le salaire du fonctionnaire et contractuel. Ceci dit que les travailleurs et l’État ont l’obligation de payer la cotisation sociale qui s’élève à 23 % reparti entre les deux parties.

À la lumière de ce qui précède, pour mieux préparer sa retraite, le fonctionnaire doit cotiser. Dans quelques années, l’État ne pourra plus faire face à la prise en charge des fonctionnaires et des retraités(pensions). Cette subvention est le fardeau très lourd pour le budget de l’État. Il ne doit pas rendre parasites les fonctionnaires. Ils doivent apprendre à se prendre en charge comme les fonctionnaires des autres pays.

Alpha Bakar Sank Diallo (Observateur)