L’analyse diagnostique des conflits en Guinée forestière met en évidence que la récurrence des conflits dans la région est liée à de nombreuses frustrations qui ont été entretenues et alimentées par les régimes successifs en Guinée faisant de la région un terreau fertile à la manipulation et à l’instrumentalisation politiques aux conséquences désastreuses.
Malgré de nombreux efforts des partenaires financiers, des acteurs de la société civile en faveur de la prévention et la gestion des conflits, la région reste encore une zone de tension et de fragilité.

C’est pourquoi, le Mouvement des Intellectuels et Cadres Catholiques de Guinée (MICCG) avec le financement de la fondation Open Society Initiative for West Africa (OSIWA), dans la mise en œuvre du projet d’appui aux mécanismes locaux de réconciliation et d’actions citoyennes en faveur de la consolidation de la paix en Guinée forestière, a organisé le jeudi 31 octobre 2019 une journée de concertation et de réflexion avec les acteurs de la société civilesur la problématique de la cohésion sociale et de la paix dans la préfecture de N’Zérékoré.

L’objectif de cette rencontre était d’informer sur la problématique de la cohésion sociale et de la paix dans la région, d’analyser les différents conflits que la région a connu et les mécanismes mis en œuvre pour leurs résolutions, de renforcer les capacités des acteurs de la société civile sur les techniques de médiation, de conciliation et d’arbitrage et enfin de faire des propositions concrètes en vue de fédérer tous les efforts des cadres et plateformes de concertation de la société civile par la mise en place d’un conseil régional et/ou préfectoral pour la paix.

A la cérémonie de lancement de cet atelier, le coordinateur du projet, Mr Emmanuel Fassou SAGNO, a invité les participants à s’engager pleinement dans les travaux en vue de faire des propositions concrètes pour une paix durable dans la région.

Mr Athanas Kourouma, 3ème Vice Maire, représentant Mr Le Maire de la commune urbaine de N’Zérékoré, a de son côté, invité aussi les participants à croire à l’avènement de la paix dans notre région, sans laquelle il n’y’a pas de développement. Car la paix n’est pas un vain mot mais un comportement.

Amara Camara, Secrétaire général chargé de l’administration de la Préfecture, Représentant Mr Le Préfet, a dans son allocution insisté sur l’esprit de pardon, de tolérance et de dialogue. Seules ces valeurs peuvent conduire les citoyens d’une nation à une paix véritable a-t-il conclu ses propos.

Cependant le Secrétaire général de la Préfecture a dit que les cadres de la préfecture ne peuvent pas être à cette rencontreàcause de la présence du FNDC parmi les participants. Pour nous, on ne peut pas être à la même table de discussion avec le FNDC qui n’est pas une structure agréée a-t-il dit.

Il faut noter que c’est au cours de cet atelier que le médiateur de la crise entre le FNDC et les autorités administratives, Mr Cécé LOUA, a informé les participants du retrait des autorités administratives de la préfecture de l’accord qui interdisait toutes manifestations pour ou contre une nouvelle constitution en Guinée.

Cet atelier a réuni onze (11) plateformes et cadres de concertation pour la paix, le conseil préfectoral des sages, les leaders religieux, des ONG, le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), des femmes leaders, des partis politiques, des élus locaux, les représentants des communautés ethniques et des secrétaires généraux de jeunesse de la commune urbaine de N’Zérékoré.