L’exploitation des forêts par la société Forêt Forte à N’zérékoré était au centre de la rencontre lundi, 23 mai 2022 entre la ministre de l’environnement et les cadres des services déconcentrés de son département. Au cours de cette rencontre, plusieurs manquements ont été relevés dans le fonctionnement de cette société d’exploitation du bois. Pour Luopou Lamah, ministre de l’environnement, il est nécessaire aujourd’hui de revoir la convention qui lie le gouvernement guinéen à cette société.

En 2002, le gouvernement guinéen a signé une convention d’une durée de 25 ans avec Coujy Corporation. L’objectif était d’induire en région forestière un impact certain de développement économique et social à travers une exploitation rationnelle et durable de bois d’œuvre dans les forêts d’Etat de la région. Dans ce cadre, l’investisseur s’engageait à la réalisation d’un complexe industriel de transformation des bois destiné à produire du contreplaqué et devant fournir des emplois locaux. Au-delà de la convention, la société a signé un permis de coupe et un cahier des charges qui définissent clairement ses sources et les règles de son approvisionnement en grumes. Malheureusement, selon les autorités, les dispositions de ces documents ne sont pas respectées.

« Les interventions de Forêt Forte dans les forêt ne sont pas ordonnées. Même s’ils ont un permis avec l’Etat guinéen, mais ils le font de façon anarchique. Ils coupent les bois et quand ils quittent les clandestins emboitent le pas. Donc, la coupe n’est pas organisée ni planifiée », a déploré Oua Justin Bilivogui, directeur du centre de l’environnement des Monts-Nimba et Simandou.

Poursuivant, il ajoute : « Forêt Forte n’a pas de contrat avec l’administration forestière mais plutôt les mairies. En complicité avec celles-ci, la société cible les forêts, coupe et transporte les produits. Même l’interdiction des coupes, elle ne respecte pas ».

L’autre souci avec la société, c’est le manque de traçabilité sur les nombreuses taxes payées. Selon les informations, des autorités locales s’arrangeraient avec les responsables de la société et l’argent n’est jamais versé dans les caisses de l’Etat. Est-ce parce que Forêt Forte ne s’acquitte pas ou l’argent est détourné par les autorités locales ? En tout cas, la ministre de l’environnement annonce  la révision des documents de la société.

« Nous passerons à l’examen des différents dossiers notamment la convention qui lie Forêt Forte à l’Etat guinéen, le cahier de charge et le processus va continuer jusqu’à la communication au niveau du conseil interministériel pour prendre des décisions. Parce que de toutes les façons, c’est une convention signée avec l’Etat et non avec le ministère de l’environnement », a fait savoir Luopou Lamah.

Reste à savoir s’il y aura une enquête pour connaitre la destination des taxes que la société paie à l’Etat.

Konaté