Les autorités locales de N’zérékoré ont demandé à rencontrer ce jeudi 12 septembre 2019, les responsables de la coordination régionale du front national pour la défense de la constitution (FNDC) à N’zérékoré. Selon nos informations, les autorités de N‘zérékoré qui subissent la pression de leur tutelle veulent se désengager de l’accord qui a été signé au mois de juin dernier. Un accord qui interdit aux deux parties d’organiser des manifestations de soutien au projet de changement constitutionnel dans la préfecture.

L’information a été confirmée par Foromo Kolamou, responsable de la communication de l’antenne régionale du FNDC.

« Le protocole d’entente signé entre le FNDC et les représentants du gouvernement à N‘zerekore, protocole qui a jusqu’ici garantie la paix, la quiétude sociale et le bon vivre ensemble, va bientôt sauter en éclats. (…) Les décideurs du sud sous la pression grandissante de leurs supérieurs hiérarchiques, cherchent à rencontrer les membres du FNDC pour disent-ils, trouver un accord pour faire sauter le verrou de garantie de la paix et la quiétude sociale à N‘zerekore », a-t-il fait savoir dans une communication relayée par les membres du front sur les réseaux sociaux.

Selon lui, les promoteurs de la nouvelle constitution et du troisième mandat « jouent leur va-tout dans la ligne droite appelée période de consultation. Pendant cette période, le pouvoir de Conakry débarque plus 200 000 registres dans lesquels, seront mentionnés : nom et prénoms, lieu de naissance, numéro de téléphone, au besoin photo. Ces registres remplies de photos et renseignements seront présentés à l’opinion nationale et internationale comme preuves irréfutables de l’adhésion massive de la population guinéenne au projet de changement de constitution pour ouvrir un boulevard sur un plateau d’or au président Alpha Condé, histoire d’asseoir profondément son système sélectif, ethnique et ethnostratégique.« 

A l’en croire donc, ces recencements en « catimini » dans les registres se font contre la somme de 25 000 GNF. Foromo Kolamou demande donc à la population de refuser de se faire recenser dans ces registres.

Et de conclure : « Pour ma part, je demande à la jeunesse de rester soudée comme les amandes d’une noix à fin de s’opposer farouchement à toute tentative de modification de la constitution devant ouvrir grand le chemin à un troisième mandat. La Guinée a dépassé le temps des troisièmes mandats. Nous avons besoin d’anciens présidents vivants, auprès desquels nous irons nous abreuver de leurs expériences pour résoudre nos conflits et problèmes.« 

Patrice Mansaré