Rien ne semble désormais aller entre les autorités de N’zérékoré et les responsables de la coordination régionale du Front national pour la défense de la constitution (FNDC). À l’origine de ce nouveau bras de fer, une rencontre de sensibilisation mercredi dans la salle polyvalente de l’école normale d’instituteurs (ENI) sur la nouvelle constitution. Pour le FNDC, il s’agit d’une violation flagrante du protocole d’entente du 19 juin 2019 de la part des autorités. Dans une déclaration, les leaders du front ont dénoncé cette attitude des autorités et menacent de reprendre très prochainement les manifestations de rues.

Cette déclaration du FNDC a suscité la colère des autorités qui parlent de tentative de semer des troubles à l’ordre public.

« Populations paisibles de N’zérékoré, de sources dignes de foi, une réunion à laquelle ont pris part certains membres du FNDC a eu lieu mercredi vers 19H30 dans le quartier Koliyapoulou. Au cours de cette réunion, certaines dispositions de troubles à l’ordre public ont été ciblées. Il s’agit notamment d’organiser une manifestation de rue pour demander le départ du préfet et du gouverneur. De l’argent a été distribué à cet effet, dans le quartier Horoya à côté de l’église. Aussi, ils projettent une réunion les jours à venir à Niampara pour prendre des dispositions afin de lancer l’assaut et comptent ainsi mobiliser des jeunes des villages voisins à N’zérékoré pour grossir les ranges », a déclaré le Préfet El hadj Sory Sanoh à la presse.

Poursuivant, il appelle les responsables locaux du FNDC à la retenue. Sory Sanoh précise par ailleurs que l’autorité prendra toutes les dispositions pour la sécurité des citoyens et qu’elle n’hésitera pas à mettre main sur les instigateurs.

« Encore une fois, je demande aux instigateurs de ce projet, de faire la retenue. Par conséquent, toute manifestation non autorisée sera dispersée par les forces de sécurité et les auteurs conduits devant la justice. Je demande aux jeunes des 22 quartiers d’observer une vigilance pour barrer encore une fois la route comme le 14 octobre, à l’ennemi qui a déjà échoué à N’zérékoré », a-t-il martelé.

Mais au sein des opposants au changement constitutionnel, cette sortie médiatique du préfet ne semble pas effrayer. Cécé Théa, coordinateur régional adjoint du FNDC pense tout simplement que les autorités sont paniquées. Il ajoute que le front est en train de prendre des dispositions pour la reprise des manifestations.

Konaté