Condamné en novembre 2020  par la cour de justice de la CEDEAO au payement de 3 milliards 600 millions de francs guinéens au titre de domages et intérêts aux victimes du massacre de Zogota dans un délai de 6 mois, l’Etat guineen n’a pas appliqué cet arrêt. Une situation qui irite les avocats des victimes qui menacent de porter une nouvelle plainte contre le pouvoir de Conakry auprès de l’institution sous-régionale.

Dans son arrêt du 10 novembre 2020, la cour de justice de la CEDEAO déclarait la Guinée coupable de graves violations du droit à la vie des citoyens de Zogota, un district situé dans la sous-préfecture de Koulé en région forestière. Elle avait alors accoordé six mois au gouvernement guinéen de payer un montant de 3 milliards 600 millions de francs guinéens au titre de dommages et intérêts. Mais cela fait maintenant 7 mois que cette décision n’a pas été éxécutée. D’où la colère des avocats des victimes qui menacent de porter plainte à nouveau.

La Guinée a clairement et librement souscrit au protocole ayant abouti à la création de la cour de justice de la CEDEAO. La Guinée a reçu la notification de son arrêt et la moindre des choses serait de l’exécuter. Nous allons les jours à venir, adresser une lettre au président de la commission de la CEDEAO », a déclaré Me Pépé Antoine Lamah, avocat des victimes.

Pour lui, ce refus de la Guinée de respecter son engagement vis-à-vis d’une institution internationale est un acte de « rébellion et de mauvaise foi ». Et si le pays ne revoit pas sa copie, il pourrait s’exposer à de lourde sanction, prévient-il.

Les sanctions judiciaires se sont celles-là qui sont prononcées par la cour elle-même pour des actions en manquement. Il y a aussi des actions politiques qui pourraient conduire à la suspension de la Guinée de la CEDEAO, mais aussi des sanctions individuelles contre certains membres du gouvernement qui sont impliqués dans cette situation », a fait savoir l’avocat.

Pour rappel, en août 2012, les citoyens de Zogota protestaient contre la société Brésilienne BSGR-VALE pour le non respect de ses promesses d’embauche des communautés de Yönö. 6 morts, c’est le bilan de la tuerie perpétrée nuitamment par les forces de défense et de sécurité.

Mamady 2 Camara