Dans une déclaration rendue publique récemment, le front national pour la défense de la constitution (FNDC) opposé au projet de changement constitutionnel en Guinée, a appelé les citoyens à des manifestations générales illimitées sur toute l’étendue du territoire national et à l’étranger, à partir du lundi 13 janvier 2020.

« Le FNDC conseille vivement aux opérateurs économiques ainsi qu’aux sociétés établies sur le territoire guinéen, de s’abstenir de toute activité à partir du 13 Janvier 2020 ; invite tous les citoyens détenteurs d’engins roulants privés ou publics à une extrême prudence en les immobilisant ; demande particulièrement aux compagnies minières, aux banques, usines, stations de vente de carburant et aux autres entreprises publiques et privées de suspendre toute activité durant les manifestations, en vue d’éviter tout incident dommageable; appelle les ouvriers et tous les corps de métiers à observer cet appel patriotique pour éviter tout risque regrettable », peut-on lire dans la déclaration.

La réaction du gouvernement guinéen ne s’est pas fait attendre. Par la voix du ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, Bouréma Condé, le gouvernement fustige ces propos et met en garde le FNDC.

« Les Seigneurs de guerre, comme ils se font désormais appeler, n’hésitant même pas à déclarer ce qu’ils appellent le Djihad qui, précisons-le, n’est fait que par des djihadistes, les Seigneurs de guerre dis-je, reviennent sur leurs menaces incendiaires destinées au pacifique peuple de Guinée et à ses partenaires, en s’arrogeant le droit d’interdire aux uns de se déplacer, d’être à leurs lieux de travail, de s’approvisionner quotidiennement dans les marchés, de se rendre dans les hôpitaux et aux autres d’exploiter leurs mines et carrières, d’ouvrir leurs stations de carburant, ou pour être plus bref, de ne  plus vaquer à leurs préoccupations quotidiennes », a déclaré le ministre Condé.

Poursuivant, il ajoute : « Le Gouvernement de la République, tout en reconnaissant, conformément à la Constitution, le droit imprescriptible de tout citoyen de manifester pacifiquement son mécontentement ou sa joie, tient à préciser qu’il ne saurait tolérer une quelconque dérive anarchique de nature à compromettre la quiétude sociale, la paix, l’Unité Nationale et l’intégrité territoriale en République de Guinée. Ce faisant, il tient à témoin la Communauté Nationale et Internationale, de la gravité de ces propos et met en garde tout fauteur de trouble qui s’affranchirait des dispositions légales consacrées par la Constitution en ses articles 10, 22 et 23. »

Pour terminer, le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation a au nom du gouvernement invité les populations guinéennes à se rendre chacun à son travail et « donne l’assurance qu’il veillera jusque dans les moindres détails au maintien de l’ordre public et à leur sécurité ».

« Notre pays, notre chère Guinée à tous, mérite, non pas d’être transformé en champ de bataille, mais plutôt en un havre de paix », a-t-il conclu.

Konaté