Conakry le 12/08/2020

NO 030/CVDKR/20

Objet : Lettre ouverte

A Monsieur le Directeur Général de la société Orange-Guinée

Monsieur,

En février et mars 2019, le gouvernement guinéen a détruit 1.769 bâtiments dans les localités de Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse. 1.203 familles et 19.219 personnes ont été jetées dans la rue en violation de leurs droits de propriété garantis par les lois nationales et internationales.

Dans cette tragédie provoquée par le régime d’Alpha Condé, la majorité des 3.641 élèves ont dû abandonner les cours en suivant leurs parents dont plusieurs sont rentrés à l’intérieur du pays.

L’opération de démolition s’est achevée avec la destruction des lieux de culte et des établissements scolaires.

Mais bien avant la casse, le nom d’Orange-Guinée a été évoqué pour la première fois par Ibrahima Kourouma, ministre de la ville et de l’aménagement du territoire lors d’un passage à Enta. Devant les médias, il déclarait : « C’est vrai que les choses évoluent avec eux. Mais on a été très clair avec Orange. Nous déguerpissons les populations et le même mois les travaux doivent commencer. Donc il faut que les gens comprennent qu’on ne va pas faire des déguerpissements pour laisser les places libres. » Fin de citation !

Les informations sur l’implication d’Orange-Guinée dans la destruction de nos édifices se sont confirmées, amenant le collectif des victimes à alerter l’opinion et même à organiser une journée de boycott de votre société.

Désormais, il est clairement établi qu’Orange-Guinée est trempée dans l’affaire Kaporo-Rails. Le plan d’aménagement du site établi par le ministère de la ville avec une entreprise fantôme, sans repère nommée IMAAG-Holding, indique qu’un domaine a été réservé à cette société de téléphonie mobile en face de la gendarmerie de Kaporo-Rails, non loin de l’ambassade américaine.

Toute entreprise de cette envergure a un volet ‘’Responsabilité sociale’’ vis-à-vis des communautés. Malheureusement dans ce cas précis, Orange-Guinée n’a pas assumée cette responsabilité.

Le collectif réaffirme que les terres de Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse ne sont pas des propriétés de l’Etat.

Pour preuve, vous trouvez ici entre autres les numéros d’arrêtés délivrés par les autorités aux victimes.

Arrêté No 5077/MUHD/83 signé le 17 mai 1983 par le Ministre Elhadj Moussa Diakité

Arrêté No 7338/MUHD/83 délivré le 23 juillet 1983 par Elhadj Moussa Diakité

Arrêté No: 3005/MHUD/84 du 11 juin 1984 signé par capitaine Kerfalla Camara

Arrêté No: 3567/MUHD/84 du 20 août 1984 signé par capitaine Kerfalla Camara membre du CMRN (comité militaire de redressement national)

Arrêté No 4208/MUHD/84 signé le 25 octobre 1984 par le capitaine Kerfalla Camara

Arrêté No 3590/MAT/85 du 06 avril 1985 signé par capitaine Kerfalla Camara

Arrêté No: 14.576/MAT/85 du 27 novembre 1985 signé par capitaine Kerfalla Camara

Arrêté No: 14.577/85 du 29 novembre 1985 signé par capitaine Kerfalla Camara

Par ailleurs, nous rappelons que le dossier Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse est pendant devant la Cour de justice de la CEDEAO.

Les victimes que nous sommes sont déterminées à continuer la lutte pour le triomphe de nos droits.

Monsieur le Directeur Général, nous vous souhaitons bonne réception de la présente.

Ampliation :

Orange-Guinée : 1
La SONATEL : 1
Avocat victimes: Pottal Fii Bhantal Fouta Djallon
Coordination Nationale des Fulbhè et Haali Pular de Guinée : 1
OGDH: 1
Amnesty-Guinée: 1
Human Rights Watch: 1
FIDH : 1
Presse nationale : 50