Monsieur le Président.

Votre 2e mandat présidentiel va s’achever au plus tard le 31/12/2020. Les guinéens vont donc bientôt commencer les préparatifs pour vous rendre les honneurs et vous exprimer leurs remerciements pour ce que vous aurez pu faire en faveur de l’amélioration de leurs conditions de vie.

Mais depuis quelques temps certains de vos proches collaborateurs ont lancé l’idée de 3e mandat pour vous. Et vous ne les avez pas désavoués comme certains de vos amis africains, encore moins les sanctionner pour incitation à la violation de la constitution et de votre engagement en 2010. Pourtant ça saute aux yeux que que ceux-là manœuvrent ainsi pour simplement conserver et accroître leurs privilèges actuels près de vous.

Mais personnellement, vous n’avez pas besoin de ces privilèges, ni sur le plan matériel, encore moins sur le plan moral. Votre besoin est ailleurs : que retiendra-t-on de votre passage à la tête de la RG ?

On dit aussi qu’il n’y a pas de fumée sans feu. C’est pourquoi, nous signataires de la présente lettre, avons juger utile d’attirer votre attention sur mes données suivantes du problème.

1) En 2010 vous avez prêté le serment solennel de respecter et défendre la constitution telle que vous l’aviez sous les yeux. Et qui stipule très clairement qu’aucun guinéen ne peut exercer plus de 2 mandats présidentiels consécutifs, quel que soit son génie et le bilan de ses mandats effectués. Tirant en cela la leçon des décennies précédentes marquées par des hommes qui s’étaient autoproclamé providentiels pour s’incruster à la tête de l’Etat malgré leur action négative pour l’intérêt des guinéens. Ce que d’ailleurs vous aviez souvent fustigé durant votre longue carrière d’opposant à ces hommes !

2) En 2011 vous aviez déclaré avoir hérité d’un pays et non d’un Etat. Ce qui expliquerait, entre autre la situation lamentable dans laquelle vous avez trouvé le pays pourtant souverain depuis plus de 50 ans, avec innombrables atouts naturels et humains.

Après ce constat on se disait que la construction de l’État guinéen allait figurer parmi vos chantiers prioritaires ; que vous alliez instaurer une gouvernance apte à faire de l’État un puissant moteur pour la mise en valeur des potentialités du pays au profit de l’ensemble des habitants ; que la vie publique allait être régie par de règles claires et respectées par tous, à commencer par les dirigeants ; conditions impératives pour l’amélioration des conditions de vie des guinéens.

CIC / AFP-GL