Comme indiqué dans un précédent article, le ministre du Commerce, de l’Industrie et des PME était l’invité du journal de 20H30 de la télévision nationale, samedi 04 décembre 2021. Il était question de donner des explications par rapport à l’augmentation du prix de la baguette de pain et du sac de farine.

Pour le ministre, la hausse des prix est la conséquence de la pandémie de coronavirus, du réchauffement climatique aux États-Unis et les inondations en France. Selon lui, ces situations ont permis de réduire la production du blé sur le plan international. Mieux, il pense que l’Etat fait beaucoup pour soulager la population.

« Le blé n’est pas produit en Guinée, toute la quantité qui est dans notre pays vient de l’extérieur. Donc, l’Etat subventionne effectivement le blé. Imaginez-vous qu’au cordon douanier, le blé est dédouané à 60 dollars. Or, le prix du blé à l’échelle internationale est de 430 dollars. Donc, l’Etat a renoncé à 86% de ses recettes douanières pour subventionner le prix du pain que nous consommons », a fait savoir le ministre Goumou.

A la question de savoir pourquoi l’Etat n’agirait pas aussi sur le taux de taxe au cordon douanier, le patron du commerce précise : « Nous sommes dans l’espace CEDEAO où c’est imposé de respecter le tarif extérieur commun (TEC). Donc, l’Etat ne peut pas aller au-delà ni en dessous de cela. Également, lorsque vous voulez subventionner un produit qui est à peu près consommé par les pays voisins, il faut être très vigilant. Parce que le fait que l’Etat subventionne ce produit, avec nos frontières poreuses, vous pouvez retrouver vos produits subventionnés chez les voisins. Dans ce cas, l’Etat perd doublement. »

Pour terminer, Dr Bernard Goumou a indiqué que son département est en train de réfléchir à des solutions durables pour résoudre le problème.

« Il faut que nous commençons à repenser sur notre ration alimentaire en faisant la promotion de nos produits locaux et pousser des recherches afin qu’une solution de substitution progressive dans la fabrication du pain soit trouvée. Beaucoup de nos voisins notamment la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso sont un peu en avance parce qu’ils consomment ce qu’on appelle le pain composé. Dans ce pain, ils ajoutent 15 ou 20% de maïs ou du manioc ou du blé ou du sorgho. Et, je peux vous dire que ce pain est de très bonne qualité. Il faut repenser également à la filière boulangère qui est encore traditionnelle chez nous. Il faut chercher à moderniser cette filière afin de pouvoir avoir un impact sur le coût de production », a-t-il ajouté.

Konaté