C’est aujourd’hui, le 24 août 2021, que les autorités algériennes ont déclaré officiellement la fin de leurs relations diplomatiques avec le Maroc, pays voisin.
Dans le cadre de l’établissement des relations diplomatiques, il faut obligatoirement l’acceptation expresse de l’autre, d’où le principe du consentement mutuel, l’article 2 de la convention de vienne de 1961. C’est-à-dire que les deux États soient d’accord pour nouer leurs relations diplomatiques. Et pour la rupture des relations diplomatiques, comme c’est elle qu’il s’agit dans ce cas d’espèce, est basée sur l’acte discrétionnaire de l’Etat et unilatéral que prend celui-ci. C’est-à-dire que la seule décision de l’un suffit de rompre ses relations diplomatiques avec l’autre.

  • Fin des relations diplomatiques, parlons-en !

Comme leur établissement, la rupture des relations diplomatiques est un acte discrétionnaire de l’Etat et se traduit par la décision unilatérale que prend celui-ci de fermer sa mission diplomatique imposant ainsi la même décision à son partenaire, en vertu du principe de réciprocité.
Il s’agit d’un acte grave qui n’intervient qu’en dernier ressort. La rupture est automatique. Et généralement, les missions diplomatiques prennent fin sous plusieurs formes, mais celle qu’a déclarée ce jour 24 août la République algérienne démocratique populaire est le fait d’une guerre entre les deux Etats, mais une « guerre froide »

Concernant cette rupture des relations diplomatiques par l’Algérie, il faut savoir que les États (Algérie-Maroc) ont entretenu durant des décennies des relations diplomatiques teintées de vives tensions. Le positionnement stratégique au nord de l’Afrique est essentiellement à l’origine de ces vives tensions entre ces deux États. D’où la géopolitique et la géostratégie avec à la clé le saraha occidental.

Le Maroc trouve le soutien des autorités algériennes au front polisario du saraha occidental comme une provocation, parce que le Maroc se dit toujours que ce territoire lui appartient; cette partie du saraha occidental fait partie simplement du vaste territoire marocain. Donc, pour le Maroc il n’est pas question d’accepter qu’il y ait un État appelé « saraha occidental ». Et quant à la République algérienne démocratique populaire, avoir ou étendre son influence dans la région, il lui faut faire rentrer ces petits États dans son giron.

Il vous souviendra que le Maroc s’était retiré de l’union africaine, lorsque cette dernière avait reconnu et accepté l’admission en son sein du nouvel État saraha occidental et c’est en 2017 que le Royaume chérifien a finalement fait son retour au sein de l’organisation continentale.

Pour des raisons stratégiques dans la sous région, les deux États depuis plus de 40 ans entretenaient des relations diplomatiques dans un climat de vives tensions. Et aujourd’hui, les autorités algériennes ont passé par rompre officiellement leurs relations diplomatiques avec le Maroc.
Une rupture des relations diplomatiques est le degré le plus élevé et du dernier ressort, elle n’intervient que lorsque tous les moyens possibles ont été usés pour maintenir les relations diplomatiques.

Ibrahima KALLO, juriste, spécialiste des relations internationales