Excellence Monsieur le Ministre,
Lorsque les préceptes du Noble Koran qui sont sensés nous unir et nous orienter sur la conduite des affaires publiques, deviennent les instruments de division et sources de malheur pour notre peuple, il convient d’attirer l’attention, dénoncer les causes afin de les éradiquer.

Loin de nous, l’esprit de braver votre autorité en matière d’interdiction de manifestations sur la voie publique, la Zawiya de Cisséyah-Mosquée organise une Caravane de Retraite Spirituelle de pénitence, d’endurance, de purification, de proclamation du Saint Koran et d’invocations du Seigneur pour l’expiation de nos serments pris sur le Saint Koran sous les différents régimes de ce pays.

La Caravane partira de Tombolia, Conakry, pour une Retraite Spirituelle à la Zawiya de Cisséyah-Mosquée située à Forécariah, sous-préfecture de Allassoyah, district de Baya, du 29 Juin au 2 Juillet 2022.

En effet, Monsieur le Ministre, nous avons noté avec une grande inquiétude, la décision des autorités du CNRD exigeant des citoyens, la prestation de serment sur le Saint Koran comme condition de nomination à des postes de l’administration publique. Cette décision, ouvre la voie aux débats sur les implications d’un tel acte, et d’une manière générale, de la conformité de certains actes du gouvernement avec les préceptes du noble koran. Car, en prêtant serment, la main sur le noble Koran, l’exécution des tâches gouvernementales ne doit pas être en contradiction avec les dispositions de cette Sainte Ecriture. Sinon, le prestataire s’expose aux conséquences de parjures liées à un tel acte; comme nous dit le Noble Koran :
« Et ne prenez pas vos serments comme un moyen pour vous tromper les uns les autres, sinon vos pas glisseront après avoir été fermes, et vous goûterez le malheur pour avoir barré le sentier d’Allah. (Koran 5 : 94)

Cette démarche des autorités de la transition devient d’autant plus préoccupante, quand on sait que la décision semble être en contradiction avec les propos du président de notre Cour constitutionnelle. Car celui-ci, qui semble confondre la laïcité de l’État et l’athéisme du peuple, a affirmé lors de la cérémonie d’investiture, que le Président de la transition ne doit prêter serment sur aucun livre saint, en raison de la laïcité de nos lois républicaines. Et voilà que, sous ces mêmes autorités, l’on exige des citoyens de prêter serment sur le saint koran avant de prendre fonction.

Des conséquences du serment de la Fatiha :
Aurions-nous oublié de sitôt le sort de la majorité des dignitaires sous le régime du PDG-RDA ? Les Guinéens, dans leur majorité, ont prêté serment au cours de séances collectives de récitation de la FATIHA (ou sourate de l’Ouverture, le premier chapitre du saint Koran), prenant engagement sur serment de défendre la Révolution. Par la suite, on ignore si les uns et les autres auraient, discrètement ou indiscrètement, violé les termes de leurs serments en pensées, en paroles, en écrits ou en actes. Difficile de le dire. Toujours est-il que l’intelligentsia guinéenne a pris un coup dur suite à ces serments. Ceux parmi les dignitaires du régime qui n’ont pas été contraints à l’exil, ont presque tous été portés disparus mystérieusement…, en vagues successives. Les uns, sous le régime de la Première République dans les geôles du camp Boiro. D’autres, sous le régime militaire de la deuxième République, dans les prisons du camp de Kindia. Ceux qui ont échappé aux différentes purges continueront de semer la haine, l’intolérance et l’esprit communautariste dans les cœurs des générations et celles venir, tant que les mesures d’expiation de nos serments n’auront pas été accomplies conformément aux prescriptions Koraniques. Et le pays continuera à subir les conséquences du lourd fardeau du mauvais sort de nos serments. À l’évidence, l’erreur du Peuple de Guinée sous la Première République, aura été de jurer sur la Fatiha de défendre la ‘’Révolution’’ au lieu de la défense de la ‘’Constitution’’. Et voilà que l’histoire des serments se répète.

Serment et intime conviction :
Lorsqu’un citoyen prête serment sur le Saint Koran pour servir son pays, il doit respecter les termes de son serment. Comme le recommande le Koran :
« Soyez fidèles au pacte d’Allah après l’avoir contracté et ne violez pas vos serments après les avoir solennellement prêtés et avoir pris Allah comme garant de votre bonne foi ». (koran-5 :91)

Toutefois, il ne devrait pas y avoir d’ambiguïtés quant aux motifs et termes d’un engagement par serment. Car la défense d’une Constitution est le seul motif pour lequel un citoyen doit s’engager par serment de defendre. Or, à ce jour, la Guinée n’a pas de ‘’Constitution’’ en vigueur. Le pays n’est gouverné que par les Forces spéciales d’une charte de la Transition, qui n’est qu’une feuille de route de la junte militaire au pouvoir. En effet, toute Constitution digne d’un peuple de croyants, se doit d’imposer à tous les titulaires de charges publiques, l’engagement par serment à défendre la ‘’Constitution’’ avant de prendre fonction. Dans ce cas, l’usage des Saintes Ecritures peut être de rigueur selon les convictions religieuses des uns et des autres. Mais jamais l’on ne doit imposer à un citoyen de s’engager par serment sur le koran pour défendre un régime, un gouvernement ou un projet de société quelconque.
Car les intérêts et les avis des citoyens sont souvent divergents sur ces sujets. Or nul ne devrait prêter serment pour défendre un régime ou exécuter un programme contre son intime conviction ; ou nul ne devrait, au nom du respect des termes d’un serment, se rendre coupable d’injustices, de torts ou d’indélicatesses au motif qu’il a prêté serment sur le Saint Koran. Puisque le Koran lui-même nous met garde contre de tels actes :

« Et n’usez pas du nom d’Allah, dans vos serments, pour vous dispenser de faire le bien, d’être pieux et de réconcilier les gens. Et Allah est Audient et Omniscient. Ce n’est pas pour les expressions gratuites dans vos serments qu’Allah vous saisit : Il vous saisit pour ce que vos cœurs ont acquis. Et Allah est Pardonneur et Patient » koran 2 :224-225

De l’expiation d’un serment :
Très clairement, celui qui se sera engagé par serment sur le Saint Koran, sans son intime conviction et sans pour de justes causes, peut se délier de tels serments encombrants. À condition cependant, qu’il respecte les procédures d’expiation en s’acquittant des droits conformément aux dispositions du noble Koran qui stipule :
« Allah ne vous sanctionne pas pour la frivolité dans vos serments, mais Il vous sanctionne pour les serments que vous avez l’intention d’exécuter. L’expiation en sera de nourrir dix pauvres, de ce dont vous nourrissez normalement vos familles, ou de les habiller, ou de libérer un esclave. Quiconque n’en trouve pas les moyens devra jeûner trois jours. Voilà l’expiation pour vos serments, lorsque vous avez juré. Et tenez à vos serments. Ainsi Allah vous explique Ses versets, afin que vous soyez reconnaissants ! » Koran 5 : 89

A tous ceux à qui parviendra la présente :
A tous ceux à qui parviendra la présente parole divine du Noble Koran, trouvez ici, la voie de repentance et d’expiation de vos serments.
Son Eminence, le Cardinal Robert Sarah a conseillé au Colonel Mamadi Doumbouya, Président du CNRD, Président de la transition, de se débarrasser de tous nos concitoyens qui ont trempé dans la gestion de ce pays du PDG-RDA, CMRN, PUP, CNDD au RPG-Arc-en-ciel. Pour ma part, agissant en qualité du Gardien Spirituel de la Zawiya de Cisséyah-Mosquée, j’adresse humblement un message d’exhortation à la repentance et d’expiation de serments tout d’abord au Colonel Mamadi Doumbouya, ses compagnons d’armes, son gouvernement et tous les heureux bénéficiaires de ses nominations et subordonnés, de mettre un terme aux prestations de serments sur le Noble Koran. Car, c’est contraire à l’esprit de cette Sainte écriture. Ce message d’exhortation à la repentance et d’expiation de serments est également adressé : à tous ceux qui ont assumé des responsabilités administratives, militaires, syndicales et des organisations de sociétés civiles depuis l’indépendance; à tous les responsables et militants des partis politiques qui ont trempé dans la gestion ou aspirent à gérer ce pays; à tous les imams et religieux qui ont dirigé de telles prestations de serments et lectures de koran, depuis l’indépendance à nos jours ; et, d’une manière générale, à tous les citoyens guinéens qui auraient tenu de tels serments et récitations de la Fatiha sous un régime ou un autre. Nous croyons à la rédemption. Nous croyons également au pouvoir salvateur de la confession, de la repentance et de l’expiation de nos serments par le Très Haut comme stipulée dans son Noble Koran. Car,
« A Allah appartient la souveraineté des cieux et de la terre. Il pardonne à qui Il veut et châtie qui Il veut. Allah demeure cependant, Pardonneur et Miséricordieux. » (Koran 48:14)

Et je n’ai aucun doute que son éminence, le Cardinal Robert Sarah, serait d’avis avec moi. En tout cas, il n’y a aucune assurance que les Guinéens choisis par le Colonel Doumbouya, agiraient autrement que leurs concitoyens nommés par les précédents Présidents, le Professeur Alpha Condé, Général Sékouba Konaté, Capitaine Moussa Dadis Camara, Général Lansana Conté et Ahmed Sékou Touré.

Les régimes et le saint Koran :
Il est de pratique courante que les gouvernants de ce pays cherchent la protection de leurs régimes à travers des serments sur le Saint Koran ou par d’innombrables séances de lectures Koraniques. Mais le succès escompté est rarement au rendez-vous. Pour la bonne raison que les voies et moyens empruntés pour la mise en œuvre de ces projets de société sont truffés de violations des dispositions Koraniques telles que : amalgames entre la laïcité de l’Etat et l’athéisme du peuple, aucune référence au créateur des mondes dans les préambules de la déclaration d’indépendance et de nos constitutions; effusion de sang et destruction de propriétés privées sans juste compensation des ayant-droits; manipulation ethnique ; non purification par la zakat des revenus des serviteurs de l’Etat ; instrumentalisation de l’appareil judiciaire; instauration de la culture de l’État geôlier ; gaspillage de produits agricoles etc.

Pour l’illustrer, analysons quelques projets phares de nos régimes successifs, de la Première République à nos jours, à la lumière d’opinions impartiales :
• Un ambitieux programme de Brigades Motorisées de Production agricole qui n’a jamais permis d’atteindre l’autosuffisance alimentaire;
• Des routes qui n’ont jamais résisté à plus de deux saisons de pluies;
• De pharaoniques projets de barrages hydroélectriques, alors que les trois quarts du pays restent toujours dans l’obscurité;
• Un vaste programme d’industrialisation dont les unités ont aussitôt été bradées aux prix de leurs poids en ferraille;
• Une vaillante armée qui a été aux fronts de maintes luttes d’indépendance de pays africains, mais qui n’a pas fait le poids face à l’assaut matinal spécial d’une poignée de soldats de dimanche; et la liste est longue…

Ainsi, nous exposons ici quelques versets du Noble Koran pour éclairer la lanterne de nos concitoyens, tels que révélés au Prophète, Mohamed (PSSL) par le Très Haut et Très Miséricordieux.

« …ton devoir est seulement la communication du message, et le règlement de compte sera à Nous. » (Koran 13:40)
Votre Ligne de prière et de participation : 224-624-07-55-12
Très religieusement,

Le Gardien spirituel de la Zawiya
de Cisséyah-Mosquée (Forécariah)

Moussa Cissé
Auteur de « LE KORAN FACILE POUR TOUS »
Ex Directeur du Bureau de Presse de la
Présidence de la République (Guinée)

Programme de la caravane de la retraite spirituelle

• Mercredi 29 Juin 2022 : étape Tombolia, (Conakry ) – Coyah
• Jeudi 30 Juin 2022 : étape Coyah – Manfrinyah
• Vendredi 1er Juillet 2022 : étape Manfrinyah – Forécariah, retour à la Zawiya de Cisséyah-Mosquée
• Samedi 2 Juillet 2022 : Cérémonie d’expiation et de célébration de la paix à la Zawiya de Cisséyah-Mosquée, District de Baya, Sous-préfecture de Allassoyah, Forécariah
• La caravane effectuera un temps d’arrêt dans chaque agglomération située le long du parcours afin d’invoquer le Seigneur pour l’expiation de nos serments.

Ligne de prière et de participation : 224-624-07-55-12

MISSION DE LA ZAWIYA DE CISSEYAH-MOSQUEE : la Zawiya de Cisséyah-Mosquée est un centre de retraite spirituelle, de proclamation du message Koranique, de gestion des œuvres de charité et de renforcement des capacités des mosquées, lieux de culte et organisations caritatives en matière de management des œuvres philanthropiques, d’activités humanitaires et communautaires.

Par Moussa CISSE