Lors de la cérémonie de présentation des vœux de nouvel an du gouvernement au chef de l’État le jeudi 09 janvier dernier au palais Sékhoutouréya, le premier ministre, chef du gouvernement a indiqué que l’année 2020 marque un tournant dans l’histoire de la Guinée et « sera aussi un test majeur pour la vitalité de notre démocratie ».

« Des échéances importantes pointent à l’horizon. Il appartient à chacun et à tous, les prochains jours, de se prononcer à propos de son choix pour le devenir de la Guinée. Comme partout ailleurs, et comme le voudrait la démocratie dont nous avons fait le choix irréversible, nous sommes appelés aux urnes pour désigner en toute liberté, dans le secret de notre conscience, nos dirigeants. Nous devons tous saisir l’occasion pour nous faire entendre en jouissant de notre droit de vote, en exerçant ainsi notre citoyenneté. Le bulletin de vote est le pouvoir dont dispose tous les peuples dans toutes les démocraties pour opérer les choix et changer le cours de leur histoire », a rappelé le premier ministre Ibrahima Kassory Fofana.

Poursuivant, il dira que la violence n’est pas la solution pour se faire entendre dans une démocratie.

« Notre pays ne peut se permettre un recul en s’engageant dans la voie sans issue de la violence, de la défiance des lois de la république et de nos institutions. La violence n’est pas une solution et ne pourrait être un recours dans la démocratie. C’est pourquoi, nous invitons nos concitoyens à croire à la force des urnes et nos acteurs politiques à continuer de solliciter les suffrages des électeurs dans toutes les élections nationales. En effet, aucun démocrate ne devrait avoir peur d’être confronté à l’épreuve des urnes, ni personne n’a le pouvoir de préjuger de la volonté et du choix du peuple souverain. (…) A cette heure décisive de notre ambition démocratique, il est utile de souligner que nous avons tous et chacun le devoir historique et l’obligation morale de choisir la république et de défendre la démocratie, plutôt que de nous laisser entrainer dans les passions politiques ou de succomber aux tentations de division de notre pays », a-t-il ajouté.

Pour cette année 2020 donc, Kassory Fofana veut faire du dialogue politique et social, l’une de ses priorités.

« Excellence Monsieur le Président, pour conforter la vitalité de notre démocratie, il est essentiel de maintenir le dialogue et la concertation sur toutes les questions d’intérêt national, en particulier les questions électorales, pendant cette année au cours de laquelle les Guinéens seront souvent appelés aux urnes. Je sais votre attachement à la paix et à la concorde nationale. C’est la raison pour laquelle, en ma qualité de Chef du Gouvernement et en charge du dialogue social, je ne ménagerai aucun effort pour entretenir le dialogue avec nos frères de l’opposition, et plus généralement, avec tous les acteurs socio-politiques de notre pays », a promis le chef du gouvernement guinéen.

Il faut rappeler que la Guinée fait face actuellement à plusieurs crises sociopolitiques notamment la grève du syndicat des enseignants et chercheurs qui paralyse l’éducation et l’appel pour des manifestations générales illimitées annoncé par le FNDC, la coalition opposée au projet de changement constitutionnel. Aussi, les travailleurs de la guinéenne d’électricité (EDG) ont lancé un avis de grève pour le mercredi 15 janvier prochain. Ils menacent même de couper l’électricité dans tout le pays à partir du 27 janvier.

Pendant ce temps, le président Alpha Condé tient mordicus, à son projet de changement constitutionnel qui devrait éventuellement aboutir à un troisième mandat.

Konaté