Le 20 février 2019, le gouvernement guinéen, à travers le ministère de la ville et de l’aménagement du territoire, entamait une opération de déguerpissement à Kaporo Rails. 12 mois après, les victimes, réunis au sein du collectif des victimes de déguerpissement de Kaporo Rails, Kipé 2 et Dimès (CVDKP-2019), ont débuté, ce vendredi 21 février 2020 à Conakry, une commémoration semainière de l’an un de la casse.

Cette première journée a été commémorée à travers un sacrifice, une lecture du saint coran mais surtout beaucoup de bénédictions. Cela, pour «demander à Dieu de répandre sa grâce sur les victimes dont beaucoup sont entrain de mourir aujourd’hui, certains sont rentrés au village», dixit Samba Sow, le porte-parole du collectif des victimes.

«Nous avons aussi demandé à Dieu de nous aider par rapport à nos adversaires, nos ennemis qui ont détruit chez nous et qui ont fait preuve d’injustice contre des Guinéens qu’ils devraient protéger. Nous demandons donc à Dieu que cette injustice s’arrête sur nous, qu’il ne donne pas la force à Alpha Condé d’aller au-delà de ça et qu’il punisse tous ceux et toutes celles qui sont mêlés, de près ou de loin, à cette casse pour tout ce qu’ils ont fait à ces près de 20 mille pauvres personnes», poursuit-il.

À la question de savoir pourquoi la lecture du saint coran dans un tel contexte, madame Camara Makia Touré, représentante des femmes au sein dudit collectif répond:
«Notre force, c’est le tout puissant Allah. Tout ce que nous avons vécu depuis le déguerpissement, on se remet à la volonté de Dieu», avance-t-elle.

Depuis février 2019, c’est plus de 19 milles personnes qui ont été délogées. Malgré tout, le président du CVDKP reste, tout de même, serein
«Nous sommes vraiment heureux du fait que nous soyons encore en vie, mais nous sommes malheureux parce qu’on n’est pas en possession de nos concessions. Nous voudrions retrouver nos concessions dans de bonnes conditions et que tout le monde vive ensemble», soutient Elhadj Alpha Oumar Diallo.

Cette commémoration se poursuivra à travers des campagnes de communication et la projection d’un documentaire en cours de finalisation qui va retracer le film de ce déguerpissement, disent-ils.

Boubacar Barry