Chaque mort est un Guinéen de trop

Dans un entretien qu’il a accordé jeudi 17 octobre 2019, à nos confrères du média « Opinion », l’ancien Premier ministre de la transition a abordé l’actualité sociopolitique actuelle de la Guinée marquée par les manifestations du front national pour la défense de la constitution (FNDC). Kabinet Komara s’est indigné des violences enregistrées dans le pays et le manque de communication entre les acteurs.

« D’abord, mon cœur saigne en tant que Guinéen d’apprendre encore que dans mon pays, il y a des affrontements. Nous sommes devenus coutumiers des soubresauts politiques, il est essentiel que nous puissions y mettre fin. Chaque mort est un Guinéen de trop. Je commence par m’incliner devant l’âme de toutes ces disparues, mais je voudrais dire que toutes les forces en présence aient raison gardée. La Guinée est le seul bien commun qui nous appartient. Nous notons qu’il y a une crise de confiance entre les acteurs sur le terrain et tant qu’il n’y aura pas des canaux de communication et que des gens crédibles s’engagent entre les parties, malheureusement nous continuerons à instrumentaliser les populations innocentes qui se retrouvent à être les victimes de ces situations », a déploré Kabinet Komara.

Les trois jours de manifestations du FNDC ont fait au moins 9 morts à Conakry et à Mamou ainsi que plusieurs blessés. Aussi, les forces de défense et de sécurité sont accusées d’exactions sur des manifestants, et même dans des familles.

À la question de savoir comment arrêter toute cette situation, l’ancien Premier ministre de la transition répond : « J’étais dans la salle de conférence à Rhodes quand j’ai reçu des messages sur les réseaux sociaux faisant état de ces situations. Pour moi qui ai eu l’occasion d’être Premier ministre de la transition, naturellement je dois vous dire que j’avais honte. Je suis surpris parce que l’armée guinéenne avait fait l’objet d’une mue. Une réforme extrêmement profonde de l’armée qui a été cantonnée, qui s’est disciplinée et je reste convaincu qu’il y a des possibilités que les opérations de maintien d’ordre se fassent suivant les règles internationales. Je suis heureux de constater que le pouvoir est décidé d’engager des poursuites, des analyses et des enquêtes pour situer les responsabilités. Le plus important est de faire en sorte que cette situation puisse prendre fin. Pas à travers des déclarations de part et d’autre, mais à travers une volonté sincère. »

Pour lui, le débat actuel ne peut pas se régler dans la rue. C’est pourquoi il appelle les acteurs à la retenue, mais surtout à un dialogue franc et sincère.

« Ce serait dommage que l’insurrection soit le mode d’expression en Guinée. La Guinée qui a été à la base de l’indépendance de plusieurs pays africains devrait s’entendre sur des sujets de ce genre. Elle n’aurait rien à gagner si des choses devaient se passer de manière violente. Mon souhait serait que la Guinée continue de renforcer sa jeune démocratie et que les changements de pouvoir se fassent de manière électorale, après des élections paisibles et apaisées », a-t-il conseillé.

Konaté