A l’instar des autres pays du monde, la Guinée a célébré ce dimanche, 06 février 2022, la journée internationale de lutte contre les Mutilations Génitales Féminines (MGF). Dans la région de N’Zérékoré, c’est la commune de convergence de Sengbédou dans la préfecture de Macenta qui a abrité la cérémonie officielle. Une occasion pour les femmes de cette localité de s’engager solennellement à abandonner l’excision. Organisée par le ministère de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables, cette activité a été appuyée par le Projet d’appui au renforcement du système de santé (PASA2) financé par l’Union européenne, la France et l’Allemagne.

Placée cette année sous le thème : « Accélérer les investissements pour mettre fin aux Mutilations Génitales Féminines », la commémoration de la journée internationale de lutte contre les MGF s’est déroulée dans une ambiance festive à Sengbédou. La cérémonie a connu une forte mobilisation des autorités locales, des populations et des partenaires techniques et financiers. De quoi réjouir le représentant du ministère de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables. Pour Alsény Diallo, cette présence massive des autorités et des communautés est le symbole de l’engagement des uns et des autres à mettre fin aux violences faites aux femmes notamment les MGF dans la région.

Selon lui, parmi tant de violences faites aux femmes, c’est la problématique des MGF qui requiert une attention particulière du système des Nations-Unies.

Parlant de l’excision, il indique que la Guinée est particulièrement touchée par cette pratique. « Notre pays est particulièrement affectée par ce fléau au regard des statistiques récentes de l’enquête démographique et de santé de 2018. Selon cette enquête, la prévalence de mutilations génitales féminines est de 94% chez les filles et femmes de 15 à 49 ans et 39% chez les filles de 0 à 14 ans », a-t-il déclaré.

Pour lui, cette prévalence qui a baissé par rapport aux résultats de l’enquête de 2012, ne matérialise pas tous les efforts du gouvernement et de ses partenaires dans la lutte contre cette pratique, d’où l’engagement du gouvernement de la transition à aller à la vitesse supérieure.

Pour sa part, le coordinateur régional de l’Unicef a rappelé les conséquences des Mutilations Génitales Féminines et des mariages précoces non seulement sur les victimes mais aussi sur leurs communautés.

« Les Mutilations Génitales Féminines constituent des formes graves de violations des droits humains, des femmes et des filles. Les victimes de cette pratique sont exposées à des séquelles profondes et irréversibles : des complications sanitaires, voir même des décès. Aussi, il convient de signaler que des filles font un risque accru de mariage précoce et de décrochage scolaire.  Une situation qui menace leur capacité de bâtir un avenir meilleur pour elles-mêmes mais aussi pour leurs familles et leurs communautés. Nous devons mettre un terme à cette manifestation flagrante de l’inégalité », a martelé Dr Claude NGabou, coordinateur régional de l’UNICEF.

Après avoir écouté tous les discours sur les MGF et les violences basées sur le genre, les femmes de la localité, par la voix de leur porte-parole, se sont engagées à abandonner l’excision et les mariages précoces. Elles ont toutes juré de respecter cet engagement : «Nous avons compris à travers les sensibilisations, que l’excision et le mariage précoce sont dangereux pour nos filles. Ainsi, nous nous engageons à partir d’aujourd’hui, à abandonner ces pratiques pour le bonheur de nos communautés. Je parle ici, au nom de toutes les femmes Sengbédou», a déclaré Massétou Kourouma, porte-parole des femmes.

Cette célébration de la Journée mondiale de lutte contre les MGF est appuyée par le Projet d’appui au renforcement du système de santé (PASA2) à travers le volet Augmentation de la demande et Santé communautaire.

« Dans le PASA2, la Coopération allemande au développement (GIZ) met en œuvre 4 composantes dont celle sur l’augmentation de la demande et la santé communautaire. La lutte contre les violences basées sur le genre, y compris les MGF, fait partie des préoccupations de cette composante. C’est pourquoi, le PASA2, cofinancé par l’Union européenne, l’Allemagne et la France, a appuyé le ministère de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables pour la célébration de la journée mondiale de lutte contre les MGF à Sengbédou, dans la préfecture de Macenta. La baisse des cas de mutilations génitales féminines est une préoccupation des autorités publiques et un indicateur du projet, et nous nous attelons à l’atteindre à travers plusieurs stratégies, notamment ce genre d’activités qui ciblent les communautés », a soutenu Dr Adama Camara, chef dudit volet. 

De son côté, le représentant du gouverneur de la région administration de N’zérékoré s’est réjoui de l’organisation et la réussite de cette cérémonie tout en invitant la communauté à accompagner le gouvernement et ses partenaires dans la lutte contre ces pratiques qui, selon lui, affectent dangereusement la vie des filles et des femmes.

Il faut rappeler que cette célébration est une initiative du gouvernement accompagnée par des partenaires notamment le Projet d’appui au renforcement du système de santé.