Depuis l’éboulement de la décharge de Dar-es-salam qui a fait 10 morts, la question de l’insalubrité de la ville de Conakry préoccupent certains citoyens. Parmi eux, le président de lONG Club des amis du monde (CAM) qui, pour sa part, dénonce l’incivisme des populations et surtout l' »irresponsabilité de l’État« . Selon Aboubacar Sylla, la gestion des ordures doit revenir aux communes.

Il y a quelques années, Conakry était considérée comme la perle de l’Afrique de l’Ouest, pour sa beauté et surtout pour sa propreté. Mais aujourd’hui, cette attribution n’a plus de raison. D’ailleurs, pour le président du CAM, elle est devenue la plus sale. Sur ce, Aboubacar Sylla indexe l’État comme le principal responsable.

« La population joue sa partition parce qu’elle se débarrasse des ordures pour mettre dans les rues. Il n’y a pas de PME qui vient ramasser ces ordures et l’État qui devait être le garant de cette machine ne joue pas son rôle. Il est le premier acteur de cette insalubrité que nous vivons à Conakry », a-t-il regretté indiqué.

Et d’ajouter : « S’il n’y a pas une bonne organisation dans une cité, on va à la dérive. Aujourd’hui, la capitale Conakry est à la dérive, à la merci des ordures. La route le prince est devenue un dépotoir d’ordure. Pourtant, c’est une route qui a coûté des millions de dollars et on est incapable de trouver 1 million de dollars pour encadrer toute cette dynamique d’évacuation des ordures dans la Cité. Ce qui frappe de vue à Conakry, ce sont les ordures, ce n’est plus les lampadaires ou les immeubles. Et puis dans les autres pays, ce sont les inondations qui tuent, mais nous à Conakry, ce sont les ordures qui tuent les hommes. C’est la première fois dans le monde. »

En guise de solution, l’activiste sollicite que la gestion revienne à la base.

« Les motos tricycles ne peuvent pas évacuer l’ensemble des ordures que nous produisons par jour. L’État doit ramener la gestion des ordures au niveau communautaire et qu’on responsabilise les maires qui vont passer des marchés avec les PME. On a mis la gestion au niveau de l’administration du territoire, ils ne peuvent pas gérer cette situation. C’est un problème communautaire, il faut le ramener au niveau communautaire », souligne Aboubacar Sylla.

Poursuivant, il précise que des efforts ont été fournis par le CAM pour la salubrité.

« Nous avons un projet qui a été financé par l’USAID, mais le récipiendaire principal c’est l’OCPH. Nous, nous sommes chargés de développer la composante communication. C’est pourquoi vous voyez des spots qui passent, mais ce sont des spots qui sont conçues pour les citoyens qui sont à 80 ou 90 % analphabètes. Mais quelle que soit leur compréhension, s’il n’y a pas des mesures d’évacuation des ordures, on ne pourra rien », a-t-il précisé.

Par ailleurs, Aboubacar Sylla interpelle l’État quant aux risques de maladies qui peuvent s’abattre sur la population.

« Dans quelques jours, si la situation n’est pas maîtrisée, on va tomber dans d’autres épidémies qui vont tuer plus qu’Ebola. L’État doit prendre ses responsabilités », a prévenu l’activiste.

Sow Yayé