La jeunesse Guinéenne reconnue ou une jeunesse encore sceptique ? Cette classe juvénile est-elle le moteur indubitable du mérite de la gouvernance de ce régime d’exception ? Dans tous les cas et objectivement, la jeunesse s’est trouvée en première ligne dans sa préoccupation, poussée par le désir du changement, le courage et le dynamisme; jamais dans l’histoire de la Guinée, une telle opportunité juvénile dans l’exercice d’un pouvoir civilo-militaire.

L’avènement de ce coup d’État suscite plus d’espoirs chez les jeunes, chose qui n’a jamais été depuis l’indépendance de ce pays. Cela se matérialise chaque jour par la junte au pouvoir à travers la composition de l’équipe gouvernementale, histoire de renouveler cette classe vieillissante de l’administration publique que d’autres appellent « révolution générationnelle »

Ce qui explique enfin l’apport de la jeunesse comme condition indispensable de tout progrès politique et social.

Une jeunesse qui était manipulée, obnubilée, exploitée et laissée pour compte à la solde de certains politiques véreux sans vergogne, voit aujourd’hui espoir se dessiner comme une baguette magique.

Le rajeunissement OUI, était le principal CREDO du régime déchu d’Alpha Conde, malheureusement, ce slogan s’est très tôt transformé en des interrogations illusoires, utopiques et idiosyncrasiques. Cette fois-ci, le changement générationnel tant attendu et espéré semble voir le bout du tunnel avec cette junte.

Par contre, des interrogations optimistes et pessimistes, objectives et subjectives, positives et négatives sur le savoir faire, la compétence et la sincérité de ces jeunes se trouvent au centre des débats. D’où l’inquiétude d’une frange de la population sur une jeunesse longtemps stigmatisée et sur l’avenir d’une nation bouleversée par tant de crises de par le passé.

Comme disait l’autre, le temps est le meilleur juge, c’est pourquoi la vigilance et la justice doivent être le soubassement ésotérique de cette période d’exception pour les nouveaux maîtres.

La transition ne doit en aucun cas, être un obstacle ou un alibi pour l’après-transition, c’est pourquoi les dépenses à tous les niveaux doivent être considérablement réduites. La question du patriotisme doit être au centre de tout, elle doit être mise en avant au CNT, par le Président, les Ministres, les Secrétaires généraux etc… Avec le civisme et le nationalisme fort, notre pays reviendra à l’ordre constitutionnel avec une économie stable, une nation unifiée et des institutions fortes.

Il est à rappeler que les Rats de nuit ne racontent jamais les aventures qui lui arrivent dans l’obscurité. Si par endroit, le civil a violé la constitution et a foulé aux pieds les lois de la République, le militaire lui, au-delà de ses prérogatives, les discours et actions inspirent beaucoup plus la confiance et le respect dans le retour à l’ordre constitutionnel.

MOHAMED KONATE
Sociologue