Depuis la prise du pouvoir par le CNRD, la Guinée est à la croisée des chemins devant son destin. Le peuple a applaudi avec les deux mains, l’espoir renaît suite aux nouvelles annonces faites par les militaires au pouvoir.
Pour lier l’acte à la parole, le CNRD, à sa tête colonel Mamadi Doumbouya, a entrepris des actions courageuses tendant à réconcilier les guinéens sans passer par des anciennes habitudes; à commencer par des recueillements sur les tombes des jeunes au cimetière de Bembeto, ce qui n’a pas plu à d’autres; sur les tombes du Général Lansana Conté, de Camarade Ahmed Sékou Touré, cela aussi a provoqué une colère chez certains; au stade de 28 septembre là aussi d’autres sont fâchés. Malgré tout, ces divers mécontentements ont pas été consommés de part et d’autre, chacun a pu se maîtriser en mettant la Guinée devant.
Quant au premier ministre, Mohamed Beavogui, il s’est associé au recueillement des victimes du camp Boiro, à l’occasion, il fut applaudi par des guinéens qui se disent les victimes et condamné par d’autres qui pensent que ces victimes ne sont pas des victimes innocentes, ce sont des gens qui étaient impliqués dans l’agression du 22 novembre 1970. Et, comme Dieu sait faire les choses, le 22 novembre 1970 arriva, une commémoration à la mémoire des guinéens tombés est organisée et le premier ministre, Mohamed Beavogui fut invité, malheureusement, il a brillé de par son absence. Hélas !
Pour matérialiser cet autre engagement du président de la transition, c’est-à-dire que les guinéens tuent l’ethnocentrisme, il faut que les guinéens dans toutes leurs diversités ethniques acceptent de tuer l’ethnocentrisme à commencer par les membres du gouvernement avec une mention spéciale pour le premier ministre et les partis politiques qui ont, en général, l’ethnie comme leur socle. Alors, pour aider le président de la transition dans l’atteinte de cet objectif tant recherché, nous devons vider nos coeurs de haines, de rancunes, de méchancetés et du désamour entre nous, car nous sommes condamnés de vivre éternellement sur ce territoire baptisé République de Guinée.
Des actes concrets sont en train d’être posés dans le sens de réconcilier les guinéens par le Président de la transition, colonel Mamadi Doumbouya, pour que les guinéens acceptent le pardon et vivent en paix et harmonie. Cependant, d’autres guinéens ne veulent pas entendre certains actes posés dans les oreilles, c’est le cas par exemple de la rebaptisation de l’aéroport international de Gbessia sous le nom d’Ahmed Sékou Touré. Cet acte du président de la transition est comme, pour cette catégorie de guinéens, une goutte d’eau qui a fait déborder le vase; les attaques, les mensonges et des haines ont été exprimées, parce qu’on a donné le nom de l’aéroport à Ahmed Sékou Touré, le premier président de la République de Guinée, le père de notre indépendance nationale. Ahmed Sékou Touré, qu’on l’aime ou pas, fut l’africain du XXème siècle. Certes, aucune gestion humaine n’est parfaite, mais Ahmed Sékou Touré a fait beaucoup plus de bien pour la Guinée que du mal. Pour rappel, Barrack Obama, le premier président noir des États-Unis, malgré son arrivée au pouvoir, des tueries contre les noirs n’ont jamais cessé dans ce pays. Comme pour dire qu’aucune œuvre humaine n’est parfaite. En dépit de tout ceci, le monde évolue.
Si les guinéens sont prêts à accompagner le président de la transition dans la lutte contre l’ethnocentrisme, il faut les guinéens acceptent la réconciliation dans tous les sens. Mais, si certains s’en offusquent du simple fait de la rebaptisation de l’aéroport international à Ahmed Sékou Touré, je dirai que la réconciliation est vide de sens dans notre pays, car les clivages ethniques sont dûs aux mensonges, à la traîtrise et à l’ingratitude. Parce que jusqu’à présent, le fameux chiffre de 50.000 morts attribués à Ahmed Sékou Touré n’a fait l’objet d’aucun débat sérieux, d’aucune explication possible autour des noms de ces supposés 50.000 morts, car ceux qui se disent victimes ne l’ont jamais voulues.
Avec le CNRD, les guinéens doivent saisir cette occasion ultime pour se débarrasser définitivement de l’ethnocentrisme afin de parler du guinéen désormais, car l’armée, qui joue le rôle du redressement et de l’arbitre, est républicaine sous la conduite éclairée du président colonel Mamadi Doumbouya.
En réalité, ce que l’armée peut faire facilement dans le redressement et le rassemblement du peuple, sera très difficile pour les civils. Donc, le peuple de Guinée est dans les mains du CNRD et de son président colonel.

Cette fois-ci, aucune situation mesquine ne fera l’objet d’excuse, rien ne fera comme d’habitude; ce qui veut dire que rien ne sera toléré dorénavant. Il revient donc aux nouvelles autorités d’user de leurs attributs et de faire respecter par la loi et la fermeté la République, l’état de droit et la nation, parce que nous sommes obligés de vivre ensemble de gré ou de force. Tout contrevenant aux règles et principes de notre vouloir vivre en commun devra subir la rigueur de la loi.

Vive le Colonel Patriote !
Courage au CNRD et vive le Rassemblement !

Ibrahima KALLO, juriste