Dans cet entretien exclusif accordé à notre rédaction, Lucien Guilao, Directeur général de l’Office national de formation du perfectionnement et professionnels, ancien du Syli National et ministre, a dit ce qu’il pense du championnat guinéen.

Tout d’abord, il invite l’État guinéen à mettre en place des infrastructures, afin que le championnat guinéen soit dans les meilleures conditions. Parce que dit-il, la qualité du terrain de jeu est source de beaucoup de choses. Notamment, au niveau de l’intégrité physique des joueurs.

Se battre pour trouver des ressources…

« Le championnat guinéen, il faut qu’il y ait des moyens. Il faut qu’il y ait des stades. Du côté des infrastructures, tout n’est pas tout à fait réglé. Et il y a un autre côté, celui de l’organisation du championnat. Aujourd’hui, la ligue qui s’occupe de l’organisation de ce championnat s’est battu comme un diable pour trouver des ressources, afin que les clubs puissent participer à ce championnat. Parce qu’il y a des clubs en Guinée qui, sans subvention, ne vont pas participer au championnat », dénonce cet ancien footballeur.

Et d’asséner : « Il faut un minimum de moyens pour que les propriétaires de clubs apportent eux-mêmes leur grain de sel pour que ce championnat se fasse ».

Lucien Guilao tient à rappeler que la Ligue guinéenne de football a pu travailler dessus pour essayer de redéfinir son championnat, afin qu’il soit plus compétitif.

« Pour l’instant, la manière dont ça s’est passé, ce qu’on a toujours les mêmes clubs devant. Parce que ceux qui n’ont pas de moyens sont encore dans le bas du championnat à mon avis. Moi, je pense que pour la ville de Conakry, il ne faut pas avoir plus de 4 clubs. Ceux qui ont les moyens prennent des clubs. Ceux qui n’ont pas de moyens se vont absorber, ou fusionnent avec d’autres clubs pour devenir grands. Aujourd’hui, il y a des difficultés, plus de la moitié des clubs guinéens ne peuvent pas évoluer sans subvention », regrette le directeur général de l’ONFPP.

Sponsoriser les clubs…

Cet ancien footballeur guinéen exhorte les entreprises évoluant en Guinée, à suivre les clubs, afin, dit-il, de les sponsoriser pour leur permettre de bien faire vibrer les supporters. Mais cela passe, dit-il, forcément, par la volonté politique.

« Mais un sponsor aussi ne participe pas comme ça, gratuitement, sans qu’il y ait une visibilité, sans qu’il y ait un investissement. Pour qu’il y ait un investissement, il faut que les stades soient pleins. Pour que les stades soient pleins, il faut que le football soit investi. Les footballeurs doivent nous donner du spectacle », se délecte l’ancien du Syli.

L’agenda des matches est embêtant…

« Maintenant, ce qui m’embête surtout, c’est de suivre les matches mercredi et vendredi. C’est embêtant parce que le public guinéen ne peut pas assister à ces matches. Je pense qu’organiser les matches vendredi, samedi et dimanche, permet au public guinéen d’aller au stade. Donc, il y a tout un problème », avance M. Guilao.

Il admet d’ailleurs que : « La ligue guinéenne de football est en train de se battre pour trouver de l’argent. Elle, toute seule, ne pourra pas grand-chose. Il faut qu’elle soit boostée par une volonté politique », a-t-il réitéré, en conclusion.

Entretien réalisé par SOW mo Yayé