Les échecs cuisants enregistrés cette année aux examens nationaux animent les débats à travers le pays. À N’Zérékoré, chaque acteur de l’éducation y va de son commentaire pour expliquer les raisons de ces mauvais résultats. C’est le cas de ce proviseur qui s’est exprimé sous anonymat au micro de Kibaro224.com. Pour lui, ces taux d’échec élevés s’expliquent par le faible niveau des enseignants.

Si l’on a qualifié les résultats du BEPC et du CEE de catastrophiques, ceux du baccalauréat dépassent tout commentaire. Seulement, 24,38 % des candidats ayant composé ont eu la moyenne sur le plan national. À N’Zérékoré, les avis sont divergents sur les raisons de cet échec. Rencontré par la rédaction locale de Kibaro224, cet administrateur scolaire accuse le manque de formation chez les enseignants.

« Les raisons de ces résultats catastrophiques sont multiples. Beaucoup accuseront la grève, mais pour moi la grève n’est qu’une conséquence. Ce n’est pas ça réellement la cause. Le problème se situe au niveau des enseignants, beaucoup n’ont pas le niveau. On parle du faible niveau des élèves, mais si les élèves n’ont pas de niveau, c’est par ce que quelque part, le système éducatif ne leur permet pas. Par exemple, ils ont harmonisé le programme des sciences physiques, je veux parler de la physique et de la chimie, mais les enseignants n’ont pas eu de cours d’adaptation. Il faut que la formation continue soit relancée pour permettre aux enseignants de se perfectionner. Ces centres existent dans les préfectures, mais ça ne fonctionne pas comme il se doit  », déplore-t-il.

Par contre, l’inspecteur régional de l’éducation, lui pour sa part, parle de démission parentale et de manque de motivation chez les élèves.

« Les responsabilités des échecs se situent à plusieurs niveaux notamment au niveau des parents. La démission parentale est réelle aujourd’hui, on n’a pas besoin de loupe pour comprendre ça. Il y a des parents qui ne savent même pas où fréquentent leurs enfants. En ce qui concerne les enfants, beaucoup ne savent même pas pourquoi ils vont à l’école. Ils ne sont pas motivés  », a indiqué Amara Condé.

Mamady Camara