Il y a plus de six (6) mois, les militaires réunis au sein du Conseil National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) renversait le régime du président Alpha Condé en Guinée. De septembre 2021 à maintenant, beaucoup d’actes ont été posés. Des actes qui ont parfois suscités de vives réactions notamment la rebaptisation du nom de l’aéroport de Conakry, la récupération des domaines de l’Etat, la mise en place de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) et la poursuite des « délinquants » économiques et financiers, la mise en place du Conseil National de Transition (CNT)… Au sein de l’opinion, les avis restent divergents sur le bilan du colonel Mamadi Doumbouya et son équipe.

Quel bilan peut-on faire des six (6) mois de gestion du CNRD ? La question divise en Guinée. Si certains tentent de peintre tout en noir en exigeant surtout le calendrier de la transition, d’autres se réjouissent des actes déjà posés. C’est le cas de Dr Ousmane Kaba, économiste, ancien ministre et président du parti PADES. Invité samedi, 05 mars 2022 dans l’émission “Mirador” sur FIM FM, il a demandé de dépassionner le débat et de se poser de vraies questions.

« Il y a beaucoup de passion maintenant. Il faut revenir sur terre et se poser la question qu’est-ce qui n’allait pas en Guinée quand il y a eu coup d’État ? Je pense que le rôle de la transition, c’est de restaurer toutes les libertés et de combler le déficit démocratique, surtout de mettre fin à la corruption endémique qui a fait que l’Etat guinéen est incapable de livrer les biens publics. Troisièmement, arriver à une vie constitutionnelle normale. Si on prend ces trois (3) objectifs, est-ce que le CNRD a réussi ou bien il a échoué ? Est-ce qu’il est sur la bonne voie ? », s’est-il interrogé.

Pour lui, il y a eu des avancées significatives notamment dans le domaine des libertés publiques.

« Première question, les libertés, le déficit démocratique, oui beaucoup de choses ont été faites. Rappelez-vous on a restauré toutes les libertés publiques, les prisonniers ont été libérés, les frontières ont été ouvertes. Tout le monde a pu voyager tranquillement, donc il y a un progrès indéniable dans ce domaine. En ce qui concerne la lutte contre la corruption, à mon avis il y’a une avancée terrible, même si on peut relever des divergences sur la forme », a-t-il déclaré.

Pour l’ancien ministre de l’économie, le bilan du CNRD en ce moment est globalement positif.

« Je pense que globalement le bilan est très positif pour le CNRD, même si les passions sont soulevées aujourd’hui. N’oublions pas d’où nous venons et où nous allons. Sur le plan du retour à l’ordre constitutionnel, il y a eu des progrès, mais il reste à faire », a-t-il conclu.