Les femmes des officiers et sous-officiers de l’armée guinéenne perdus de vue depuis plus de deux semaines étaient vendredi 25 octobre 2019, chez El hadj Sékhouna Soumah, le Kountigui de la Basse Côte, à Tanènè.

Ces femmes qui n’ont aucune nouvelle de leurs maris depuis le 10 octobre pour certaines et le 13 pour d’autres, sont parties attirer l’attention de cette autorité coutumière.

« J’ai vu sur les réseaux sociaux que mon mari a été tué, mais je ne peux pas accorder du crédit à cela puisqu’on ne me l’a pas encore signifié. J’ai tenté plusieurs fois d’avoir des informations auprès de ses responsables, mais en vain, je n’ai aucun espoir maintenant. Comme nous ne pouvons pas aller rencontrer directement le gouvernement, c’est pourquoi nous sommes venues voir le Kountigui pour lui expliquer notre situation. C’est à lui de partir vers le gouvernement. Moi, je ne demande rien, je veux juste savoir où se trouve mon mari », a déclaré Mariama Sall, épouse du Commandant Hassimiou Camara du BATA.

Selon nos informations, ces hommes en uniforme seraient détenus dans un endroit tenu secret. Certains disent même qu’ils seraient détenues au camp de « Sörönkönin à Kankan ».

Elhadj Sékhouna demande donc aux autorités du pays de dire la vérité aux familles de ces militaires. Le Kountigui donne jusqu’au lundi au gouvernement pour une réponse claire, faute de quoi, il réunira tous les sages de Basse Guinée pour tirer les conséquences.

« J’invite les sages du mandingue à appeler le ministre Mohamed Diané (ministre d’État aux affaires présidentielles, ministre de la Défense nationale Ndlr) et lui demander la situation de ces militaires. Nous apprenons que certains sont morts, si cela est faux, qu’ils les montrent à la télévision et les gens sauront qu’ils sont bien vivants », a indiqué El hadj Sékhouna.

Si rien n’est fait jusqu’à lundi, il n’exclut pas de regrouper les sages de la Basse Guinée pour statuer sur la question.

Abdoulaye Kaba