La kora est cet instrument singulier propre aux seuls Mandenka. Avant son apparition en 1235, il y avait d’autres instruments comme le balafon, le bolon, le simby, le cor. La cora fût découverte par Tira Maghan, dans les grottes de Kansala, situées sur le territoire de l’actuelle Gambie. C’est de cet instrument que la femme-génie — la Guinê, celle qui possède le secret de la pierre — aimait jouer à l’aube devant sa grotte. Les sons que la femme produisait avec son instrument avaient un tel effet sur le guerrier qu’il décida de l’en déposséder. Il retourna alors chercher ses compagnons de chasse parmi lesquels il y avait Wally Kelendjan l’ancêtre de groits Kamissoko, Djelimaly Oulé Diabaté et trois chasseurs Koné. Ils se mirent ensemble pour capturer la femme génie et lui subtiliser son instrument. Tira Maghan épousa la femme et remis à Djelimaly Oulé Diabaté l’instrument. Ce dernier le transmit à son fils Kanba.

Dans la succession de cette transmission, nous retrouvons Djelimaly l’homonyme du premier possesseur de la kora, Bounka, Djelimoussa, Falenké et Tilimaghan Diabaté celui qui a introduit la cora au Mali. Il est le grand-père de Sidiki Diabaté, père de Toumani Diabaté. Au bout du récit, Souadou posa l’instrument à même le sol et entreprit de me nommer les différentes parties de la kora. Il y a les vingt-et-une cordes dont chacune a une fonction et une signification, les neuf trous ouverts sur l’extérieur : le bois central, représentant la colonne vertébrale, le cœur, la langue, etc…
Souadou connaissait ce récit par cœur. Ce mélange de légende et de faits. Elle possédait son histoire tout comme cette histoire la possédait.

Kalil Kaba