Depuis la nuit des temps, les artistes sont victime de plusieurs maux. Mais le mal qui laisse des plaies et de cicatrices sur les artistes est la confiscation de leurs droits d’auteur. Rare sont ces artistes guinéens qui ont profité ou qui profitent du fruit de leurs créations. Avec ce vent de changement soufflé par le CNRD, il est emportant que le secteur culturel aussi profite pour faire des réformes approfondies. L’une des réformes qui pourrait remédier aux douleurs dont souffre les artistes est la restructuration du BGDA (bureau guinéen du droit d’auteur). Là-bas, un toilettage général doit être fait.

Il est important d’abord de définir la mission du BGDA.

À l’instar de toutes les autres sociétés de gestion collective, est d’assurer la collecte et la répartition des droits d’auteur en Guinée. Mais force est de constater, que le Bureau Guinéen du Droit D’auteurs fonctionne comme une petite boutique (Peut-être le terme bureau y est pour quelque chose.). Ceux qui l’ont dirigé jusqu’à maintenant ne lui ont pas donné la stature qu’elle mérite et n’ont rempli leur mission que pour quelques créateurs privilégiés qui pouvaient de leur voix nuire à leur magouille et à leur gestion opaque.

Dans la gestion de l’actuel bureau du BGDA, le constat est très amer, car on peut relever de nombreuses failles à l’infini comme :

 L’absence de programme d’exécution servant à une répartition (les répartitions étant faites à la tête du client)

 L’inexistence de fiche de déclaration d’œuvre conforme

 L’absence d’un rapport de gestion (Personne ne sait à date combien est collecté, reparti ou gardé au titre des frais de gestion.)

 L’indisponibilité des tarifs ou de la grille tarifaire selon les catégories d’utilisation et d’utilisateur.
Je m’arrête là au risque d’être long.

L’opinion a vu des vidéos hier de certains artistes vantant les mérites du BGDA affirmant qu’ils toucheraient des centaines de millions par an. Et que chaque mois, ils seraient rémunérés. Une simple recherche sur Google vous montrera qu’il est difficile voire quasi impossible de repartir des collectes par mois et de manière sérieuse. Que la norme standard dans même les plus grandes sociétés de gestion collectives au monde est trimestrielles (04 répartitions annuelles selon les catégories de droits). Ceci parce qu’une répartition sérieuse obéit à un processus de vérification œuvre par œuvre, auteur par auteur, compositeur par compositeur, pour donner à chacun ce qu’il mérite sans brimer le reste des artistes.

Analysons les faits sans passion avec beaucoup d’objectivité monsieur les bénéficiaires.
Savez-vous donc lequel de vos titres vous à le plus généré de droit d’auteur ? Parce qu’en temps normal, vos centaines de millions doivent vous être remis avec vos feuillets de répartition mentionnant en détails le type de droit perçu et pour quelle œuvre. Sortez-moi les justificatifs de ces différents points énumérés. Je parie que ça n’existe même pas.

Alors face à cette situation, il est temps qu’on accepte de confier cette structure si importante pour la vie et survie des artistes à un spécialiste qui pourra redistribuer équitablement le droit des auteurs. Il faut que les artistes vivent de leurs œuvres, cela les évitera de vivre et mourir dans la misère alors que d’autres profitent de leurs productions pour se faire une santé économique.

C’est le moment et le lieu d’interpeller les nouvelles autorités pour sceller le sort de l’actuel bureau du BGDA qui gère avec amateurisme dans un tâtonnement couronné par une grande opacité. Que les artistes, les créateurs à tous les niveaux se lèvent pour une opération de changement dans cette structure. Cela permettra aux autres artistes rescapés de cette mauvaise gestion et de la nouvelle génération de vivre de leurs créations.

Sank Diallo