Le président du conseil préfectoral des organisations de la société civile vient de se prononcer sur l’opération de ratissage des lieux de consommation des stupéfiants en cours à N’Zérékoré. Mathieu Manamou apprécie l’idée, mais doute de la sincérité des agents qui mènent cette opération. Il l’a fait savoir ce mercredi lors d’un entretien qu’il a accordé à nos confrères de Radio Espace Forêt.

Depuis quelques jours, l’on assiste à une patrouille d’envergures, contre dit-on les bandits et consommateurs de drogue à N’Zérékoré. Une équipe mixte sillonne la ville et procède à des arrestations des personnes soupçonnées de consommation de stupéfiants et d’actes de banditisme.

Interrogé sur le sujet, le président du conseil préfectoral des organisations de la société civile apprécie l’idée, mais fustige la manière.

« C’est un seul maillon de la chaîne qu’ils ont visé pour essayer de détruire. Ça ne peut pas aller. Les mêmes gens qui font la patrouille savent d’où vient la drogue, qui commercialise. Alors, pourquoi ne pas détruire toute la chaîne pour réduire la consommation ? » S’interroge-t-il.

Selon lui, les lieux de consommations de drogue qui sont ouverts partout dans la ville, sont fréquentés régulièrement par les agents des forces de sécurité. D’où son doute sur l’aboutissement de cette opération.

« Dans le rang de nos hommes en uniforme, il y a plus de drogués, que parmi les civils. Par exemple, à Mohomou, ils consomment ensemble la drogue avec certains civiles. Ils s’y côtoient tous les jours. Quand on voit ceux-ci qu’ils mènent une patrouille, ça va aboutir à quoi ? » , ajoute le président du CPOSC.

D’ailleurs, il s’interroge sur l’urgence de cette patrouille. Car selon lui, ces temples de consommation existent depuis longtemps au vu et au su de tout le monde et jamais il n’y avait eu une telle opération.

Mamady Camara