En séjour de travail depuis dimanche dernier aux États-Unis, le président guinéen Alpha Condé a accordé une interview à nos confrères de VOA Afrique. Dans cet entretien, le locataire de Sékhoutouréya est tout d’abord revenu sur l’objectif de son séjour dans le pays de l’oncle Sam. Une visite axée essentiellement sur l’économie.

« D’ici peu, la Guinée va être principale exportatrice de fonio aux États-Unis. (…) Aujourd’hui, nous transformons notre fonio nous-mêmes et nous sommes en train de mettre en valeur notre potentiel économique. Nous avons aussi fait des barrages [hydroélectriques], nous avons Kaléta qui fait 240 mégawatts et nous sommes en train de finir Souapiti qui fait 450 mégawatts. Nous allons lancer avec l’OMVS, le barrage de Koukoutamba à Tougué, qui va faire 200 mégawatts et la société TBA va faire le barrage Amaria. Déjà, en moins de dix ans nous avons près de 800 mégawatts que nous avons fait alors qu’on était à 100 et quelques mégawatts », a fait savoir Alpha Condé.

A la question de savoir s’il avait encore besoin de plus de temps pour achever ses oeuvres, le numéro un guinéen précise :  » vous savez, les projets c’est pour de longues années, c’est pas une génération mais plusieurs générations. Le développement des États-Unis par exemple, s’est fait après plusieurs générations. Donc, il s’agit de lancer des projets et progressivement il reviendra à la jeunesse guinéenne qui maîtrise maintenant les nouvelles technologies, de terminer ce que nous avons commencé. »

Quant au nombre de mandat qu’il souhaite faire à la tête de la Guinée, le président Condé est resté évasif. « Dieu seul le sait », a-t-il répondu tout en estimant que la consultation confiée au premier ministre est « tout à fait normale » parce que « le peuple est souverain ».

« Je vous fait remarquer que les États-Unis ont déjà eu 27 constitutions et il est normal qu’on interroge le peuple. Le monde évolue et il est important qu’on sache ce que le peuple veut, cela n’a rien n’a avoir avec une élection. C’est de voir est-ce qu’aujourd’hui, les conditions sont remplies en Guinée pour la protection des enfants etc. Donc, je ne suis pas venu aux États-Unis pour discuter politique, je suis venu pour les affaires. La Guinée est un pays souverain qui l’a démontré en votant « NON » en 1958. La Guinée tient absolument à sa souveraineté et à son indépendance », a-t-il conclu.

Konaté