Dans sa lutte pour le changement constitutionnel qui devrait éventuellement aboutir à un troisième mandat, le président guinéen Alpha Condé peut compter sur le soutien de son homologue malien.

Dans un entretien exclusif qu’il a accordé à nos confrères de l’émission « Les Grandes Gueules » de radio Espace Guinée, le président malien Ibrahim Boubacar Keita n’a pas manqué d’apporter son soutien à celui qu’il appelle son aîné avant d’envoyer des piques à l’opposition guinéenne.

« Quels sont ces démocrates qui ont peur de la démocratie et du peuple ? La démocratie, c’est le pouvoir du peuple et je ne peux pas comprendre qu’un démocrate ait peur du peuple. (…) Quand on voit aujourd’hui madame Merkel (la chancelière allemande Ndlr) qui est plébiscitée, mais de quoi parle-t-on ? Pour moi, le critère le plus fondamental, c’est le peuple et il faut qu’on respecte ce peuple », a-t-il déclaré.

Poursuivant, il ajoute qu’une consultation constitutionnelle n’a rien d’effrayant ou d’inquiétant. Selon lui, Alpha Condé n’est pas du tout soucieux de son destin personnel.

« Son destin personnel a été tracé par l’histoire. Près de 40 à 50 ans d’opposition, on ne fait pas ça pour un destin. S’il n’avait que son propre souci, il n’allait même pas rentré en Guinée…. Je le dis sans démagogie », dira-t-il tout en indiquant qu’il ne croit pas si le président Condé demande la révision constitutionnelle pour s’offrir un troisième mandat.

Mais même si la réforme constitutionnelle permettait cela, dit-il, « quel crime il y aurait là ? ». Pour le président IBK donc, c’est la volonté du peuple de Guinée qui doit compter.

« Le débat est clair pour moi. Le peuple de Guinée comme tous les autres peuples a droit à ce qu’on respecte sa volonté. Et je vous dis également que je connais la Guinée, je sais comment elle a été handicapée. Ebola n’a pas permis de travailler, mais le petit temps d’après on a vu ce qui a été fait. À partir de ce moment là, si le peuple de Guinée estime que ce qui a été fait lui convient et qu’il souhaite que cet homme continu à le servir, pourquoi pas ? Pourquoi voudrait t-on empêcher cela d’office ou par complexe ? Ce complexe-là, je le refuse et cela m’indigne », a indiqué le président malien.

Konaté