C’est un fait insolite qui s’est produit mardi, 08 mars 2022 à N’zérékoré lors de la célébration de la journée internationale des femmes. Dans la maison des jeunes qui était remplie de femmes venues de différentes corporations, les autorités ont eu du mal à trouver une personne pour lire le discours qu’elles avaient élaboré au nom des femmes. Ces femmes qui disaient n’avoir pas été associées à la rédaction de ce document ont refusé de le lire, a constaté Kibaro224.com.

Cette situation a attiré l’attention de plusieurs personnes dans la salle. On a vu l’inspecteur régional de la promotion féminine, de l’enfance et des personnes vulnérables se diriger vers une dame qui, selon nos informations, était censée être la porte-parole des femmes pour lui remettre le discours. Mais celle-ci a refusé de prendre sous prétexte qu’elle n’avait pas été associée à l’élaboration. Et aucune autre femme n’a voulu lire ce document. Car, elles disent n’avoir pas été associées en amont.

« Nous n’avons pas du tout été associées à l’élaboration de ce discours. C’est dans la salle que le document est sorti et l’inspecteur de la promotion féminine, de l’enfance et des personnes vulnérables cherchait quelqu’un pour lire. Tout le monde a refusé », a indiqué Hélène Zogbelémou, activiste de la société civile.

Finalement, c’est à une journaliste venue couvrir l’évènement que le discours a été remis pour lire au nom des femmes.

Joint par notre rédaction, Thierno Alseny Souaré, inspecteur régional de la promotion féminine, de l’enfance et des personnes vulnérables a donné des précisions.

« Quand le Gouverneur a partagé l’information, j’ai demandé à mon assistant de la préfecture de dire aux femmes de rédiger leur discours. Mais il m’a dit que d’habitude, c’est la direction préfectorale de la promotion féminine qui les assistent à rédiger leur discours. Moi je ne savais pas cela. C’est ainsi que je lui ai dit de le faire. Mais disant cela, j’ai cru qu’il allait préparer la dame qui a l’habitude de lire les discours. Et fort malheureusement, il avait demandé à ce qu’une dame de la direction de la promotion féminine puisse faire le discours. Chose à laquelle je me suis opposé. Je lui ai dit qu’on ne peut pas être joueur et arbitre à la fois. Parce que nous, nous sommes de l’État, on ne peut pas faire le plaidoyer à la place des femmes. C’est donc dans ce contexte que le 08 mars est arrivé. Dans la salle, j’ai demandé à Madame Tofani de lire le discours puisque c’est elle qui en a l’habitude, mais elle a dit non, qu’elle ne peut pas. C’est ainsi que nous avons donné le document à la journaliste pour le lire », a-t-il expliqué.

Pour les femmes, cette récupération de leur journée ne restera pas sans conséquence. Selon nos informations, elles comptent se retrouver dans les jours à venir pour faire une déclaration. Et elles pourraient demander le départ du directeur préfectoral et l’inspecteur régional de la promotion féminine, de l’enfance et des personnes vulnérables et la féminisation de ces postes.